Kot Cinéforum 2020-11-22T02:08:13+00:00

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Kot Cinéforum

Le cinéma est plus que centenaire. D’aucun ne pourra juger de la vitesse à laquelle le monde évolue. Qu’en dire du cinéma, lui qui a été tant le témoin que l’acteur de l’évolution de la société ?

Le Cinéforum tente, depuis plusieurs années, d’ouvrir la communauté néo-louvaniste à un cinéma qui sort des sentiers battus. Le cinéma d’auteur, d’art et d’essai, étranger, ou ne serait-ce que des classiques qui pourraient sortir de notre génération, sont autant de genres que le Cinéforum a présentés au fil de ses années d’existence.

Au travers de nos nombreuses projections et de nos activités liées au 7ème art, n’hésitez pas à venir assouvir votre soif de culture cinématographique ou simplement passer un bon moment en excellente compagnie !

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Pour l’instant nos activités sont mis en stand by afin d’éviter la propagation du virus. Cependant nous trouvons des alternatives online afin de toujours vous proposer du contenu sur le cinéma et ainsi continuer à partager notre amour du 7ème art! N’hésitez pas à aller liker la page facebook Kot Cinéforum ou ajouter notre mascotte Omar Sy néforum en ami afin de suivre l’actu de notre projet. En espérant vous revoir bientôt, et en attendant, FAITES-VOUS DES FILMS!

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Critiques 2020-2021

Hereditary nous raconte sur fond de spiritisme la descente aux enfers d’une famille après le décès de la grand-mère. Que dire de plus qui ne viendrait pas gâcher le plaisir de découvrir ce film pour la première fois ?!

Premier long métrage de Ari Aster, ce maître de l’horreur nous délivre ici une véritable pépite qui n’a rien à envier aux chefs d’oeuvre du genre. Pas question ici de jumpscares, screamer ou autre, c’est une authentique terreur, une tension perpétuelle qui va vous étreindre durant ses deux heures. Par un montage soigné, des mouvements de caméra qui ne dépasse pas la première et une bande son aux petits oignons, Hereditary nous démontre -comme un Shining l’a fait avant lui- que l’horreur peut prendre bien des visages et pas toujours ceux que l’on croit.

Étonnamment, ce film nous fait passer par un large panel d’émotion, et alors que cette boule au ventre ne nous lâche pas un seul instant, la qualité des dialogues et la performance magistrale de la mère Annie (incarnée par Toni Colette) rend certaines scènes si profondes et touchantes que les larmes en montent aux yeux. Impossible de ne pas se sentir peiné face à cette famille déchirée.

Mais là où le film est véritablement excellent, c’est par son cadre, et quel cadre ! La beauté des plans est époustouflante, et les mouvements de caméra (et ça va dans tous les sens) sont justes intégrés à la perfection et toujours justifiés, Ari Aster n’hésitant pas à l’arrêter lorsque nécessaire.

Même si le jeu d’Alex Wolff (Jumanji) incarnant le fils Peter peut gêner à quelques instants, le jeu d’acteur général du film colle parfaitement à l’ambiance pesante de ce dernier.

Les éléments narratifs contribuant à amener l’horreur restent très simple ce qui n’empêche pas qu’ils sont assez originaux, on n’a pas l’impression de revoir une scène que l’on a déjà vu dans un million d’autres films.

Je pourrais continuer longtemps tellement Hereditary est absolument sidérant de maîtrise à tout niveau. Donc si vous êtes amateur du genre horrifique ou si vous êtes un amoureux de la beauté du cinéma vous ne pouvez pas passer à côté. Il est un manifeste des talents de ce réalisateur, une bouffée d’air frais dans le monde de l’horreur, un véritable cadeau qui ne demande qu’à être ouvert.

La sortie du nouveau Christopher Nolan fait sensation ! Est-ce vraiment LE film qui peut sauver les salles de cinéma ? Mais pourquoi ce film la et pas un autre ? Eh bien tout d’abord les films de Christopher Nolan se situent en parfaite harmonie entre les gros blockbusters américains et les films indépendants. La recette de Nolan c’est : du budget, de l’action, un gros casting, une bande son qui donne des frissons, un casse-tête cinématographique, mais surtout des théories sur le temps super complexe (Faire crasher un vrai avion, ce n’est pas donné à tout le monde). Mais le tout, assemblé de manière très judicieuse pour construire un chef d’œuvre qui rameute du monde dans les salles et qui ravit en même temps les critiques et les amateurs de cinéma plus recherchés, original. Comment résumer Tenet de manière compréhensible ? Disons que nous suivons le protagoniste (oui, c’est son nom) joué par John David Washington, qui se voit accorder la tâche de sauver le monde, rien que ça ! Le monde est menacé par une guerre froide, non pas nucléaire mais temporelle ! Certaines personnes dans le futur ont inversé la temporalité de certains objets, qui deviennent une menace pour le présent.

Nolan adore nous plonger dans le flou, nous compliquer la tâche et avec Tenet c’est bien réussi. On sort de la salle de cinéma avec le cerveau en fusion ! On se perd en chemin, mais heureusement un petit Robert Pattinson nous tire par le bras en nous expliquant vite fait deux trois concepts. Eh oui, ce dernier nous éblouit, et non plus parce qu’il avait une gueule qui brillait au soleil dans Twilight, mais bien parce qu’il arrive à prouver qu’il fait très bien son job d’acteur ! Ce n’est malheureusement plus le génie Hans Zimmer qui composa la bande originale du film, car il préféra bosser sur le film Dune qui sortira bientôt (on a hâte !). C’est donc un certain Ludwig Göransson qui s’en chargea et c’est pas mal du tout ! Contrairement à ses précédents films qui nous balançaient pas mal d’émotions (Interstellar, Le Prestige,…), les personnages de Tenet n’ont pas d’histoire particulièrement attachante, ce qui nous rappelle davantage le style de James Bond. En interview, Christopher Nolan avoue en effet avoir réalisé ce film avec les mêmes ingrédients typiques de cette série de films britanniques. Tous les ingrédients supers complexes du film sont parfois un peu trop indigestes. Nolan s’est cassé la tête pour ce film, et il veut que le spectateur en fasse de même ! Tenet, c’est bien un film d’espionnage très Nolanien par sa complexité, son incroyable travail sur l’image et le son et son casting impressionnant. Génie ou tortionnaire ce Christopher ? A vous d’en décider !

Tiré du manga du même nom, L’attaque des Titans (ou Shingeki no Kyojin en japonais) nous plonge dans un monde aussi fantastique qu’effrayant où l’Humanité confinée derrière de hauts remparts, doit faire face à des titans ayants pour seul but la destruction de cette dernière. On y suit les aventures d’Eren et de deux de ses compagnons fraichement promus au bataillon d’exploration devant faire face aux titans. Avec son scénario prenant et innovant cet animé confirme le talent des japonais a créer des fictions très imaginatives et des univers de dingue. Visuellement, la série est aussi très forte. Avec une animation propre et moderne, des designs de personnages et de villes aussi poussés, on est réellement impressionné là où certains mangas perdent de leur charme. Comme beaucoup de shonens, l’histoire a un côté très sérieux et dramatique qui se ressent surtout dans la violence de l’écriture et dans la capacité souvent présente à faire mourir des personnages auxquels l’on s’attache facilement. Seul point négatif, la longueur et le manque de justesse de certains dialogues à rallonge. Cela peut s’expliquer par la difficulté d’adapter un manga qui aime exploiter le coté psychologique de ses personnages à un animé devant être rétrécit à des capsules de 20minutes. Un animé de qualité à regarder sans attendre car la 4 ème saison (et finale) sort en octobre 2020 !

Après la belle critique que nous a fait Pétard sur « Hérédité », je dois vous parler de l’autre film d’Ari Aster. Il est clair que nous avons affaire au même réalisateur : les plans sont intéressants, beaux, poétiques mais sont également intriguants et effrayants. Dès le début du film, on est plongé dans une ambiance qui nous met mal à l’aise, et ça va en s’empirant. C’est dingue comme le film et la communauté représentée arrive à nous faire penser que nous sommes entre le paradis et l’enfer. C’est là toute la beauté du film : on essaye de les comprendre, comme les protagonistes, mais on voit bien que c’est malsain. Il est impossible de ne pas parler de tous les messages cachés dans ce film. Il nous faudra encore quelques visionnages et quelques vidéos explicatives pour tous les voir, les comprendre et les apprécier ! On voit que tout a été réfléchi pour que chaque plan inspire quelque chose. Rien que le travail fait avec les runes est impressionnant et demande des traductions.

En revanche, si vous n’aimez pas le gore, il est possible que vous deviez vous cacher sous la couette à quelques petits moments. Mais même la pire image n’enlève pas la beauté qu’Ari Aster fait avec des fleurs. Enfin, je me sens obligé de parler de Dani (Florence Pugh), car je la trouve époustouflante. Au début, j’avais peur que cela soit encore une pauvre jeune femme perdue et détruite après un drame familial et qui ne fait que pleurer (ce qu’elle fait d’ailleurs mais qui prend tout son sens quand on voit la sororité présente et le lien entre chaque membre de cette communité). Mais elle est forte, fait tout pour sauver la situation et termine par être magnifique et m’a coupé le souffle avec la scène de fin.

Alors, envie d’aller fêter le solstice d’été en suède ?

Mathilde Goetleven

Quoi de mieux qu’une après-midi pluvieuse de quarantaine pour découvrir une petite perle de film indépendant telle que Manchester by the Sea ?

Non, il ne s’agit pas d’une comédie britannique prenant place à Manchester, célèbre voisine de Liverpool outre-manche, que du contraire ! On se rend compte de la gravité des propos dès les premières scènes du film qui nous présentent Casey Affleck dans le rôle de Lee Chandler, un homme à tout faire à première vue un peu paumé sur la côte Est des États-Unis, dans un Massachussetts blanc comme neige.

Kenneth Lonergan nous livre un mélodrame contemplatif sur ce père au cœur brisé et rempli de culpabilité qui doit tout de même tenter de (sur)vivre malgré une erreur impardonnable et faire face à une nouvelle épreuve, la prise en charge de son neveu, orphelin depuis peu.

Comment le réalisateur parvient-il à nous plonger dans cette ambiance mélancolique qu’on finit par savourer? Tout simplement en nous laissant le temps. En nous laissant le temps de tomber amoureux de ce paysage côtier hivernal, en nous laissant le temps de s’attacher à ce protagoniste déchiré avec qui on partage peine, souffrance et résilience.

Manchester by the Sea c’est aussi passer des larmes au rire. Au rire ?! Avec une histoire pareille ?  Et oui, c’est peut-être pour cette raison que le film est à ce point touchant. Afin de détendre l’ambiance pesante du récit, Lonergan le parsème subtilement de dialogues décalés, et ça marche ! Il y ajoute également des moments complices familiaux et amicaux, certes simples, mais attendrissants. Tout cela nous rappelle que la vie continue malgré tout.

Alors, si vous avez envie d’une petite catharsis des familles autour d’un chocolat chaud bien corsé ou tout simplement de relativiser par rapport à notre vie d’étudiant(e) covidé(e), ne passez surtout pas à côté de cette réussite cinématographique. Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, laissez-vous tenter par la performance de Michelle Williams qu’on ne présente plus et de Casey Affleck qui s’affranchit des seconds rôles auxquels il était cantonné et relève ce défi avec brio, puisqu’il a obtenu un oscar pour sa remarquable interprétation (rien que ça !).

Un pays qui se tient sage est un documentaire réalisé par David Dufresne sorti ce mois-ci au cinéma. Le film parle des violences policières en France, en particulier dans le contexte des Gilets Jaunes. Les images ont été filmées entre novembre 2018 et février 2020. J’ai vraiment adoré ce documentaire, premièrement parce qu’il m’a profondément touchée et révoltée et deuxièmement car, en permettant de prendre du recul face aux images montrées, il permet de réfléchir de manière un peu plus globale. Le concept du film est assez simple ; le réalisateur fait venir des personnes ayant participé aux manifestations et leur propose de revoir, sur grand écran, les images des moments où iels ont subi des violences policières. Cela donne lieu à des interviews assez touchantes voir difficiles à encaisser émotionnellement car elles nous permettent de ressentir toute la peur, la colère et la tristesse des manifestant.e.s face à une politique de répression totalement disproportionnée. Au niveau des images en tant que telles, si vous avez un peu suivi l’actualité en France, vous n’en découvrirez sûrement pas des inédites. En effet, ce sont des vidéos qui ont énormément circulées sur les réseaux sociaux et, personnellement, je les avais déjà toutes vues. Cependant, ce qui fait la force du film selon moi, c’est que le réalisateur remet les images en contexte, il les inscrit dans un phénomène global et donne l’occasion aux personnes qui ont été blessées de s’exprimer, avec du recul. David Dufresne a également invité quelques membres de la police à s’exprimer, beaucoup ont refusé mais c’est assez intéressant de voir les divergences d’opinion et de réactions à vif devant les images de la part des policier.e.s et des manifestant.e.s. Une autre force du film est justement les images, captées par des smartphones en direct lors des manifestations. Cela plonge directement le ou la spectateur.rice dans l’action et nous permet de nous rendre compte du rapport entre la police et les manifestant.e.s. Car c’est bien cela le sujet qui est au cœur du film. Quel est le rôle de la police ? Comment en arrive-t-on à des situations telles que celle en France ? Qu’est-ce que la violence légitime ? Attention cependant, certaines images sont très dures à voir, à la limite de l’insoutenable, avec des mains et yeux mutilés, etc. Entre les témoignages et les images, sont également intercalées des interventions de spécialistes comme des historien.ne.s, des sociologues, des avocat.e.s etc. C’est assez intéressant car iels permettent de mieux comprendre certains enjeux et d’avoir une réflexion plus scientifique et objective du sujet. Le seul problème selon moi, et c’est le seul point négatif que j’ai relevé du film, c’est que ces personnes s’expriment dans un langage très universitaire avec des références à des théories ou des chercheur.euse.s pas nécessairement accessibles à tou.te.s (Bourdieu, Genet, etc.) ce qui peut empêcher toute une partie de la population d’apprécier pleinement le documentaire. A part ce petit bémol, je vous le conseille vivement ! Que vous soyez un.e militant.e convaincu.e ou que vous n’appréciez pas les revendications du mouvement des Gilets Jaunes, il me semble essentiel de se rendre compte du problème des violences policières en France. De plus, on ne peut qu’être touché.e par les témoignages des personnes présentes. C’est un film qui fait réfléchir, qui ouvre le débat, qui émeut et qui, je pense, devrait être plus que largement diffusé !

À la recherche d’un bon thriller d’angoisse à la Hitchcock ? Seule dans la nuit est celui qu’il te faut !

À l’aéroport de New York, Lisa débarque chargée d’une poupée bourrée d’héroïne. À la suite d’une rencontre imprévue, elle confie la cargaison à un voyageur, Sam Hendrix. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, tuée par Roat, un trafiquant. Il s’agit alors, pour lui et ses deux acolytes, de retrouver la marchandise. Se rendant chez Sam, ils n’y trouvent que sa femme, Susy, seule, aveugle et sans défense face à la cruauté de ces hommes.

Le film est adapté d’une pièce de théâtre à succès, le scénario paraît simple mais le début est assez complexe. On peut donc facilement décrocher. Il s’agit d’un huis-clos qui se passe entièrement dans l’appartement de Susy. Ce qui est intéressant, c’est l’enquête menée par Susy, malgré son handicap elle va devoir comprendre la situation dans laquelle elle se trouve. Mais c’est bien ce que le réalisateur, Terence Young, fait. Il se sert du handicap de l’héroïne comme d’un avantage pour surprendre ses adversaires.

La montée en tension est progressive et tortueuse, la musique de Mancini y est pour beaucoup. On peut se douter de la fin mais ce qui tient le spectateur en haleine c’est de savoir comment Susy va s’y prendre pour s’en sortir ! C’est tout l’intérêt du film !

Fun fact ! Lors de la sortie en salle en 67, les responsables des cinémas éteignaient graduellement l’éclairage lors des 12 dernières minutes du film, au fur et à mesure que Susy casse les ampoules.

La mise en scène de l’appartement est superbe, on observe qu’il y a peu de pièces, et donc peu de place pour Susy pour se cacher. Mais aussi les personnages entrent et sortent de l’appartement, à la manière de Le crime était presque parfait réalisé par Hitchcock.

Susy est interprétée magistralement par Audrey Hepburn, qui contribue grandement au charme du film et prouve encore qu’elle est une des plus grandes actrices de son temps ! Elle est plus connue dans le genre comique, pourtant ce film lui a valu une 5enomination aux Oscars.

Lucie

Ha ce Quentin Dupieux ! Si le cinéma français était un un petit patelin, il serait probablement le fou du village. Ce réalisateur, premièrement révélé par sa carrière musicale sous le nom de Mr. Oizo, nous prouve toujours au fil de ses réalisations que son cinéma est aussi atypique que son univers musical. Il lui a fallu près de 8 ans afin de réaliser ce film, étrange quand l’on voit le rythme effréné de la sortie de ses albums et de ses autres films. Mais, durant ces 8 ans, le bonhomme n’a pas chômé, signant en parallèle pour Wrong, Rubber et Wrong Cops. Avec un pied en France et un pied dans le cinéma marginal Hollywoodien, Dupieux a pu s’expérimenter et ainsi poser les bases de son cinéma atypique. Réalité peut donc être vu comme l’aboutissement de 8 années d’essais et de ratures dans le monde du cinéma avec un retour vers une production franco-belge où les moyens ne devaient pas être un frein à son art, pour lui qui est habitué à des tournages de 2 semaines filmés avec un appareil photo.

On suit la vie de plusieurs protagonistes dans un Los Angeles francisé proche du monde que Dupieux fréquentait à cette époque. Il y a d’abord cette petite fille se nommant Réalité et ayant une obsession pour une VHS bleue qu’elle aurait vu sortir des entrailles d’un sanglier ; un présentateur d’émission de cuisine hypocondriaque ; un réalisateur de documentaire borné réalisant son premier film d’auteur ; un directeur d’école travesti en secret ; et enfin Jason (Alain Chabat), un cadreur de télé avec l’ambition de réaliser son premier film d’horreur et sollicitant ainsi son ancien patron Bob Marshal (Jonathan Lambert) afin d’être son producteur. On perd assez vite le contrôle en voyant ces différentes réalités se chevaucher. Ce monde proche du nôtre et ennuyant se transforme alors progressivement en labyrinthe mental surréaliste où le tangible et l’hallucination se confondent tout le temps. Dupieux se met alors à jouer avec la frontière de toutes ces réalités, pointant du doigt le fait que des choses anodines séparent d’autres mondes de votre réel (un écran de cinéma, une télévision, un rêve, le temps, etc.).

Etant un grand fan de Dupieux, j’ai adoré ce film. Je trouve que c’est l’une de ses œuvres les plus abouties. Le casting est incroyable et les acteurs s’introduisent parfaitement dans l’univers surréaliste de Dupieux. C’est la première fois que la bande son n’est pas composé par ses griffes : il avait peur que cela personnalise trop son film et le rende un peu plus imperméable. Il a choisi une musique simple et répétitive de Philip Glass qui colle parfaitement avec l’ambiance hallucinatoire du film. Qui aurait cru que la sobriété paierait de la part de Dupieux ! Ensuite, l’esthétique de ses plans est magnifique et créé un style – qui désormais sera le sien – rétro assez feutré, toujours tourné vers une certaine classe à l’américaine. Réalité est la synthèse stylistique de ses films précédent avec une minutie et une grande maitrise ne dévoilant aucun faux pas. Cependant, ce film est beaucoup plus intime. Ici, le personnage principal est un réalisateur confronté à ses peurs face à son processus de création et de production, ce qui doit être une obsession perpétuelle pour ce drôle d’Oizo quand on voit l’audace de son art. Ce thème est abordé de manière absurde qui permet de montrer encore une fois sa volonté de faire un cinéma détaché de toute norme. La phrase culte « Kubrick Mes couilles », prend enfin tout son sens. Cette absurdité se retrouve notamment dans les nombreuses scènes n’ayant ni queue ni tête qui pointent du doigt le monde dans lequel on vit, rempli de normes, de codes de sens beaucoup trop ennuyeux pour Dupieux. Bien qu’il soit difficile de trouver un cinéma similaire au sien, ce dernier n’a par contre rien inventé. J’ai retrouvé en lui les mêmes codes que dans le théâtre absurde (« Roger Corman en passant par Samuel Beckett » disait le teaser de Rubber), recontextualisant le tout sur le thème du cinéma et sur la place de tout un chacun dans ce monde. Cependant il faut voir l’œuvre de Dupieux dans son entièreté si l’on veut vraiment comprendre et adhérer à son univers. Il y a une certaine évolution dans cinéma qui permet de comprendre sa volonté de remettre en question la place du spectateur par rapport à une fiction qu’il est en train d’observer. Je vous invite donc à aller voir Rubber qui aborde très bien ce sujet.

Pour conclure, je trouve qu’il est beaucoup plus difficile de faire un film absurde et dénué de sens en restant cependant cohérent, plutôt que de faire un film cohérent le plus proche de la réalité de tout un chacun. Cet exploit ne peut être réalisé que par très peu de génies, confirmant la virtuosité d’un artiste hyperactif, créatif et, je le rappelle, AUTODIDACTE !

GIPS

Critiques 2019-2020

Die Hard

Bien que ce film ne date pas d’hier, peu sont finalement ceux et celles à ne jamais en avoir entendu parler. Je viens aujourd’hui présenter un long métrage qui a atteint le statut d’œuvre culte, film de Noël à ses heures perdues, dont l’héritage a encore bien des retentissements aujourd’hui et qui a engendré pas moins de 4 suites (inégales néanmoins). Il s’agit bien évidemment de Die Hard.

Le scénario est simple : des personnes dans une tour sont prises en otage par un groupe de truands voulant accéder à un coffre quasiment inaccessible. John McClane, joué par un Bruce Willis qui possédait encore des cheveux et policier de New York se  retrouve dans cette tour presque par hasard. Il en vient à mettre des bâtons dans les roues des méchants dans le but de sauver les otages, dont sa femme fait accessoirement partie.
Classique, dirons-nous, mais il ne faut pas oublier que ce film (réalisé en 1988 ) a maintenant plus de trente ans. Il fait partie de ces oeuvres qui ont inventé une nouvelle formule, un nouveau style. Aujourd’hui encore, nombreux sont les cinéastes à dire de leurs films qu’ils sont « spirituellement rattachés à Die Hard », comme le récent « Skyscrapper », avec le fameux The Rock.

Si ce film est devenu culte, je pense que cela est dû notamment au charisme de deux superstars qui, à elles seules, portent le film.

Tout d’abord, comme signalé précédemment, nous avons un jeune Bruce Willis qui joue dans son premier grand blockbuster. Que l’on visionne ce film en VO ou en VF, John McClane est culte et son célèbre « yippee-ki-yay, motherfucker » est encore reconnaissable entre mille.  Il faut aussi compter sur le jeu envoûtant de notre regretté Alan Rickman (le professeur Rogue pour les deux du fond qui n’auraient pas suivi) en méchant glacial.
Le reste du casting est peu connu aujourd’hui, néanmoins personne ne fait tache et tous tiennent leur rôle avec brio, mention spéciale aux méchants allemands, bien stéréotypés comme on les aime.

Du sang, des boyaux, de l’action pure, des phrases cultes et du baume au cœur, voilà ce que vous retiendrez de cette ode à l’hémoglobine et aux phases de combat qui tachent. Le tout filmé avec amour par le grand John McTiernan, déjà papa du film Predator et qui réalisera par la suite Last Action Hero, Die Hard 3 et Rollerball.

Un incontournable que je vous recommande chaudement.

Critique du film Chambre 212:

Après plus de vingt ans de mariage, Richard, mari amoureux, découvre l’infidélité chronique de sa femme dont il ne se doutait absolument pas. Une dispute éclate, remettant ainsi en question toute leur histoire commune. Maria, sa femme, décide de quitter l’appartement pour la nuit sur un coup de tête et traverse la rue pour loger dans l’hôtel situé juste en face afin de faire le point sur l’avenir de leur couple. De là, Maria a une vue plongeante sur son appartement, son mari, son mariage. Elle se demande si elle a pris la bonne décision. Bien des personnages de sa vie ont une idée sur la question, et ils comptent le lui faire savoir. En effet, ils apparaissent dans la chambre d’hôtel sous forme de fantômes pour lui donner leur avis.

« C’est l’histoire d’une femme qui pense et qu’on accompagne dans toutes ses pensées, lesquelles s’incarnent dans des situations ou des personnages », racontait Christophe Honoré  à Cannes en mai dernier.

En livrant cette surprenante tragicomédie, Christophe Honoré nous parle du sujet le plus sérieux du monde (l’amour) avec un mélange parfait de profondeur et de légèreté. Grâce à la mise en scène digne d’une fantaisie théâtrale (proche du huis clos), le réalisateur interroge le couple, la fidélité, le poids des années, le désir amoureux et la sexualité.

Après plusieurs films avec Chiara Mastroiani, Christophe honoré refait appel à son actrice fétiche pour incarner le rôle de Maria, une femme forte et libérée mais torturée par les fantômes de son passé. Sa prouesse artistique a notamment été récompensée au festival de Cannes en gagnant le prix d’interprétation dans la catégorie “un certain regard”.

Elle forme un quatuor avec une Camille Cottin renversante de sensibilité, le chanteur Benjamin Biolay et le jeune Vincent Lacoste incarnant tout deux le même personnage (Richard) mais avec 20 ans d’écart.

Mathias Wauthy

Critique de : Joker

Extrêmement attendu par le public, le film Joker est enfin en salle. Réalisé par Todd Phillips, réalisateur des « Very Bad trip » et de « Startsky et Hutch », il ne nous laisse pas indifférent avec cette nouvelle réalisation plus que surprenante. Elle met en scène l’histoire d’un des plus grands méchants de la télévision que l’on retrouve dans la saga Batman de DC Comics, le Joker. Celui-ci est interprété par Joaquin Phoenix, qui est tout bonnement exceptionnel dans ce rôle.

 

Le Joker c’est l’histoire d’un basculement, celui d’Arthur Fleck, homme brisé par la vie mais essayant de rendre le monde meilleur en donnant des sourires aux personnes. Malheureusement, celui-ci va petit à petit devenir l’homme que l’on connait comme l’ennemi juré d’un des plus grands super héros : le Batman.

L’histoire se passe à Gotham City dans les années 80.  Pendant cette période, c’est la violence qui résout les conflits, elle est présente partout et il règne une ambiance oppressante et sous tension. Dans cette société, Arthur Fleck essaie tant bien que mal de rendre sa vie plus heureuse, de lui donner un sens via différents petits travaux en tant que clown. Mais il n’est qu’une victime de ce système qui lui marche dessus et lui fait tout perdre. Cette société est divisée entre ‘pauvres’ et ‘riches’, on le voit tout au long du film par différents personnages charismatiques comme Thomas Wayne (père du jeune Bruce que l’on connait tous) ou encore Murray, présentateur télé interprété par Robert de Niro.

Ce film présente un équilibre entre ‘mauvaise’ comédie et tragédie. La transformation d’Arthur Fleck en Joker se fait via cet équilibre, qui caractérise d’ailleurs le personnage du Joker. Ce n’est pas un film de super héros, ni de super vilain, ça va plus loin. Il n’y a pas de pouvoirs ni de grands effets spéciaux, le réalisme est assumé notamment par les plans sombres et les ambiances noires. On passe par tant d’émotions différentes tout au long du film qu’on reste époustouflé en sortant de la salle de cinéma.

En conclusion, Joker est à voir sans modération et ne laissera personne indifférent grâce à l’interprétation plus qu’époustouflante de Joaquin Phoenix.

Eliott Maes

Retrouvez-vous dans l’univers de Quentin Tarantino grâce à un voyage dans le temps qui nous fait décoller dans les différents coins d’Hollywood des années 60. Des collines panoramiques au fin fond des faubourgs de Los Angeles, « Once upon a time in Hollywood » retrace la vie de différents personnages qui s’entrecroisent dans le but de reproduire une version utopique des « Tate murders » lors du mouvement révolutionnaire hippie. Basé sur les meurtres réels de l’actrice Sharon Tate (Margot Robbie) et du réalisateur Roman Polanski qui ont eu lieu d

ans la nuit du 8-9 aout 1969 dans leur villa au 10050 Cielo Drive, Quentin Tarantino modifie et critique l’histoire en la détournant à sa manière. Pourtant, il ne met pas le spotlight sur Sharon Tate ni Roman Polanski mais les laisse au second plan et se focalise principalement sur la vie de leurs voisins.

Au Cielo Drive, dans la maison voisine, se trouve un acteur nommé Rick Dalton  (Leonardo DiCaprio), principalement célèbre pour son rôle dans la série Western « Bounty Law », et qui depuis son arrêt, s’inquiète d’un éventuel déclin de sa carrière. Il ne joue plus que des rôles mineurs, de vilain ou d’héros de Western italien qui lui rapportent moins de succès. Confronté à cette baisse de succès, sa doublure,Cliff Booth (Brad Pitt),  et lui tentent de relancer leur carrière, tout en expérimentant l’avancée cinématographique d’Hollywood. Cliff Booth, vivant dans un milieu plus rural expérimente en parallèle la montée d’un mouvement hippie revendiquant la libération des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres. Quentin Tarantino  jongle entre la vie glorieuse des stars dans le haut des Beverly Hills et celle des hippies vivant dans des anciens plateaux de tournages abandonnés. Cliff Booth nous guide entre ces deux styles de vie. Il est le chauffeur de so

n meilleur ami Rick Dalton dans les Hollywood Hills et est séduit par une hippie faisant de l’autostop sur son chemin de retour à son domicile. Cliff Booth, bagarreur,  déclenche une bagarre sanglante avec un des disciples du gourou Charles Manson, ce qui va faire monter la fureur au sein de la secte. Finalement, une encontre entre les hippies et les célébrités du Cielo Drive se produit, accompagné d’une vengeance sanglante, brutalisée à la manière Tarantino qui se déroule autrement que prédestiné…

Un film basé sur des faits réels où l’histoire est revécue à travers les lunettes de Quentin Tarantino, alimentée de cynisme et offrant un aperçu d’un « Vieil » Hollywood, que je recommande fortement.

The greatest showman

Dans les années 1870 à New York, l’entrepreneur américain Phineas Taylor Barnum (Hugh Jackman) cherche à développer une activité de divertissement pour améliorer les conditions de vie de sa famille. C’est dans ce contexte qu’il invente le premier « cirque », le cirque Barnum. Ces spectacles sont globalement appréciés, mais également très critiqués par la presse de la haute société américaine. Pour améliorer son image, M. Barnum s’associe avec Philip Carlyle (Zac Efron), un jeune dramaturge populaire et influent qui va lui permettre de se faire connaître au-delà même des frontières américaines. Lors d’une visite au palais royal d’Angleterre, M. Barnum fait la connaissance de Jenny Lind (Rebecca Ferguson), une chanteuse à succès sur le continent européen, qu’il convainc de venir chanter aux États-Unis sous son aile. Grâce au talent de Miss Lind, ce nouveau spectacle est un succès et M. Barnum est encensé par les critiques, au point qu’il décide de risquer la vie de son cirque pour financer une tournée dans tout le pays avec sa nouvelle chanteuse.

Cependant, les comédiens du cirque commencent à souffrir des critiques qui se font de plus en plus violentes à leur égard. La magnifique chanteuse avoue ses sentiments à monsieur Barnum. Créant le scandale, elle l’embrasse sur la bouche devant la presse nationale avant de mettre fin à la tournée, ce qui cause la ruine de ce dernier.

De retour à New York, M. Barnum voit son cirque prendre feu à la suite d’une violente altercation entre la troupe des comédiens et un groupe d’opposants. En apprenant ce qu’il s’est passé lors de la tournée, son épouse Charity (Michelle Williams) quitte le domicile familial avec leurs deux enfants. Ruiné et seul, M. Barnum prend conscience des erreurs qu’il a commises grâce au soutien de ses comédiens. On ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la fin !

Ce film, sous forme de comédie musicale est touchant et plein d’espoir. Il traite des moqueries que peuvent subir les personnes différentes et essaye de montrer au grand jour leurs différences comme un talent, avec une touche d’humour !

N’oublions pas les histoires d’amour qui se déroulent tout au long du film. Entre un amour interdit car les amoureux ne viennent pas du même milieu social et des époux qui se perdent de vue, le film fait fondre les petits cœurs fragiles.

On y trouve de magnifiques chansons, comme « this is me » et « never enough », vous nous en direz des nouvelles !

Pour conclure, si vous vous ennuyez un samedi soir, n’hésitez pas à le regarder sous la couette avec un chocolat chaud, c’est un film qui fait du bien et qui ne demande pas une concentration digne d’ « Inception » !

Qui n’a pas encore entendu parler du célèbre film coréen Parasite ? Premier vainqueur coréen dans l’histoire de la Palme d’Or à Canne cette année, ce long-métrage de  Bong Joon-ho a été une claque cinématographique pour le Cinéforum et ce pour plusieurs raisons.

Premièrement, au niveau de la mise en scène, ce film a d’innombrables qualités. Je citerai d’abord le travail sur la lumière qui m’a particulièrement impressionnée. Que cela soit les vues de la métropole, l’éclairage du salon de la famille Park ou encore celui de leur cave, la lumière est exploitée au maximum et apporte énormément aux plans. Cela permet au réalisateur de doter le film d’une ambiance particulière. Malgré les allers-retours incessants entre la luxueuse villa des Park et le misérable sous-sol des Kang-Ho, le travail sur la lumière donne une véritable cohérence au film.

Le scénario de base tient en quelques mots : un adolescent d’un milieu défavorisé devient le professeur particulier d’une jeune fille de bonne famille grâce à un de ses amis qui lui fabrique un faux diplôme et ment à ses employeurs. Petit à petit, il amène toute sa famille à se faire engager là-bas sans que la famille Park ne se doute qu’ils se connaissent. Alors que certains réalisateurs tourneraient un film entier simplement sur cette base, le film prend un tournant surprenant et propose alors une véritable critique de la société. Ce qui est frappant à mon sens, c’est l’habilité de Bong Joon-ho à signer un film à la fois drôle, engagé, triste et rempli de suspense. Loin du cliché habituel du film d’auteur où il ne se passe rien, le spectateur de Parasite est emporté par l’histoire et ses nombreux rebondissements.

La dimension engagée et de critique sociale présente tout au long du film reste subtile et Bong Joon-ho ne tombe pas dans la facile opposition « méchants riches contre gentils pauvres ». Il amène le spectateur à se demander qui est réellement le parasite : les pauvres qui infiltrent la maison des Parks ou ceux-ci, incapables de se débrouiller seuls ? Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la série d’oppositions situationnelles qui permettent de se rendre compte des différentes réalités vécues par les protagonistes.

Si je vous dis : comédie dramatique, musique folk, années soixante, les frères Coen, vous me répondez bien évidemment : Inside Llewyn Davis !! Quoi ?! Comment ça, tu n’as jamais vu ce film ?! Laisse-moi donc t’en parler le temps d’une petite critique afin d’aiguiser ta curiosité et de te faire découvrir cet excellent film réalisé et écrit par Ethan et Joel Coen.

Inside Llewyn Davis met en scène la vie de Llewyn (joué par Oscar Isaac), chanteur-musicien de folk talentueux, essayant de se faire un nom dans l’industrie de la musique des années 60’s. Malheureusement, ce dernier semble avoir du mal à décoller. En effet, il joue la plupart de ses compos dans des bars miteux et est tellement pauvre qu’il doit se résoudre à convaincre ses amis ou connaissances à lui fournir un toit pour la nuit. Il mène une vie de bohème sans grande réussite professionnelle, amoureuse ou encore familiale. Il décide donc de reprendre sa vie en main et c’est ce périple que nous avons l’occasion de suivre durant l’entièreté du film.

Pourquoi Inside Llewyne Davis est un film à voir ? Premièrement, Inside Llewyn Davis n’est pas à voir, il est à écouter. La musique, pièce centrale de l’œuvre (composée majoritairement par Marcus Mumford leader de Mumford and sons) est interprétée et joué par Oscar Isaac lui-même. Elle a cette faculté de nous transporter dans l’atmosphère du film et ce tant par les paroles mélancoliques que par leurs mélodies travaillées et souvent mise en contraste avec le film grâce à leurs sonorités plutôt joyeuses. Les différentes chansons sont utilisées comme le reflet des émotions des personnages et font totalement mouche dans chacune des scènes. En plus des chansons composées par Marcus Mumford, nous retrouvons beaucoup de reprises de chansons folk des années 60’s en passant de Dave Van Ronk (majeure inspiration du film) à Bob Dylan.

Inside Llewyn Davis brille également par son écriture. Les dialogues sont soignés aux petits oignons et on y retrouve vraiment la patte des frères Coen. Pour rappel, ces derniers ont réalisé de nombreux films tels que The big Lebowski, O Brother, Fargo, No country for old men, et bien d’autres. On retrouve dans ces lignes de dialogues leur humour un peu cynique face à la situation de notre personnage.

Tragédie qui se démarque par ses situations cocasses et humoristiques, il est premièrement compliqué de prendre l’histoire de Llewyn au sérieux, mais plus le film avance, plus notre sympathie et notre attachement pour ce triste musicien se développe. Finalement, qui n’a jamais essayé, raté et recommencé ? C’est comme ça qu’on avance et c’est ce qu’essaye de nous transmettre ce film dans sa scène finale lors de la rencontre avec un étrange et nouveau musicien faisant ses débuts dans la musique à New-York. Je ne vous en dis pas plus, en espérant avoir avivé votre curiosité !

En choisissant ce film, je me suis dit que deux heures de québécois, ça allait être long, surtout sans sous-titre. Mommy est loin d’être ennuyeux. C’est un film simple, terriblement simple et pourtant complexe à la fois. Mettre des mots sur « Mommy » est difficile. Une fois visionné, ce long-métrage nous transperce de l’intérieur, c’est une explosion d’émotions et de sensations qu’il y a en nous. J’aime ce genre de scénario où des indices sont là mais où une part de mystère persiste. Ce qui est impressionnant, c’est la façon dont les trois personnages principaux interprètent leur rôle. La BO du film nous suit tout au long de l’histoire. Et la photographie de ce chef- d’œuvre est juste grandiose !

Dolan raconte l’histoire de Diane, une femme veuve ayant la garde de son fils, Steve, atteint d’un TDAH, impulsif et violent. Avec l’aide de l’énigmatique Kyla, leur voisine d’en face, Die et son fils vont essayer de joindre les deux bouts. Entre les crises de Steve et le reste, ce trio va retrouver tout l’espoir dont il avait besoin. Jusqu’au jour où…

Tout d’abord, préparez les mouchoirs. Ce scénario me laisse sans voix. En abordant les thèmes de la folie, la pauvreté, la mort, la violence, la différence, … Dolan arrive à nous faire rire pour ensuite nous faire pleurer. Et c’est bien là toute la force de ce film. C’est une histoire poignante. Surtout lorsqu’on les voit tous les trois danser dans la cuisine, cette scène nous laisser planer, elle est si magique, j’en ai souri jusqu’à en rire tellement la joie m’avait envahie. C’est comme ça à peu près pendant deux heures, un bol d’émotion qui nous submerge.

Ensuite, on est pris par ce trio, il nous intimide. Les rôles sont tellement bien interprétés ! J’ai été étonnée de la façon dont Antoine-Olivier Pilon incarnait Steve. Il a 17 ans, c’est dingue comme il sait changer d’émotion d’une seconde à l’autre. Ça se voit surtout dans la scène du karaoké, on voit qu’il a difficile à se contrôler et c’est là toute la beauté de son jeu de rôle, il nous fait ressentir ce qu’il ressent. Tout au long du long-métrage, nous pouvons nous mettre dans la peau de ce trio et j’aime ça, cette proximité entre nous et les personnages. C’est ainsi que j’ai été la voisine d’en face qui a sans doute eu un choc émotionnel qui l’a renfermée sur elle-même au point de bégayer pour parler, j’ai été la mère fauchée qui aime son gosse plus que tout mais qui a du mal avec lui et enfin, j’ai été ce môme paumé qui se rend compte qu’il est un fardeau pour sa mère et qu’il lui fait du mal, mais qui, à côté de ça, dégage à certain moment une joie de vivre totale.

Ce film est, à mon sens, une musique à lui seul. Ça descend dans les graves pour remonter dans les aigus. La musique qui accompagne certaines scènes nous emporte. Comme par exemple lorsque la musique Oasis – Wonderwall passe, c’est un moment intense et heureux. Ce moment, on le vit, la musique nous aide à nous plonger dans l’instant du film et c’est juste magique. Et pour tout dire, Dolan a réussi, je pense, à me faire aimer Céline Dion pour un court moment.

Grandiose ai-je dit, André Turpin, directeur de la photographie pour Mommy nous surprend en réalisant les envies du réalisateur. (SPOIL ALERT) Ce qui m’impressionne le plus, c’est cette façon de nous emprisonner dans l’histoire avec ce format de l’image carré. Quand tout va mal, le format est carré. En plein milieu de la chanson d’Oasis, le ratio de l’image change pour arriver en plein écran. Tout va tout de suite mieux dans la vie Steve. C’est son geste qui fait tout, ce mouvement de mains associé à son sourire de liberté nous fait vivre cet instant avec la joie au cœur.

Pour finir, ce long-métrage honore le cinéma, c’est une merveille du 7ème art. Dolan nous fait revivre un tas d’émotions de par son scénario, sa BO, son remarquable jeu dans l’image et les rôles de Steve, Diane et Kyla. Je terminerai avec ces mots : un film sombrement lumineux et drôlement triste.

Alors que le monde se déchire entre les préjugés des uns, approuvés par la raison des autres et la science d’un tiers obscur, Kery james vient remettre les points sur les i. Banlieusard est un film français produit par deux talents de notre génération : Leïla Sy et Kery James.

Afin de se remettre dans le contexte, quelques mots sur qui est Kery James. De son vrai nom Alix Mathurin, il est un rappeur activiste et défenseur des droits humains. Il a voué sa cause à la banlieue et lorsque je dis banlieue, je ne parle pas du quartier sombre qui fait peur à ta grand-mère raciste. Je parle de chaque personne qui subit une situation de précarité et qui la subit  par l’intolérance qui existe aujourd’hui dans le monde. Fort de 30 ans de carrière musicale, il se fait aujourd’hui une place dans le monde du cinéma.

Banlieusard raconte l’histoire de trois frères : Demba, gangster aguerri et respecté dans son quartier, Souleiman, un avocat en devenir dont les mots sont l’arme la plus fidèle et enfin Bakary,le plus jeune de tous. Le film est centré sur Souleiman et sur son concours d’éloquence, concours qui le pousserait sur le devant de la scène juridique et permettrais un avenir meilleur que celui auquel le promet sa situation familiale. Malheureusement, le concours est plus dur que prévu. Le sujet: « l’état est-il seul responsable de la situation actuel des banlieues en France » est au cœur même du film et permet une remise en question que nous pouvons tous faire sur les autres.

Souleiman, banlieusard dans l’âme,  doit répondre à la négative tandis que Chloé, riche parisienne, doit répondre de manière positive. Alors que tous les séparent, nos deux avocats vont se lier d’une amitié intense et conflictuelle voir d’un amour impossible. Kery James nous fait part de son expérience sur le jugement et la pression sociale exercée sur ces jeunes qui rêvent de s’en sortir. Il met en lumière les violences policières et la misère auxquels sont confrontés les jeunes issus des quartiers défavorisés.

Banlieusard est disponible sur netflix !

Tout est possible, c’est le titre français de ce documentaire qui révèle parfaitement la dynamique de ce film. Tout commence par un chien, Todd, et une promesse. John Chester, caméraman,  et son épouse Molly, chef cuisinière, vivent dans le centre de Los Angeles dans un petit appart avec Todd, qui ne supporte pas de vivre confiné et qui aboie sans cesse dès que ses propriétaires sont en vadrouille. Molly et John sont finalement mis dehors par leur propriétaire et c’est là que tout commence….

Partir vivre au contact de la nature, c’est ce qui a été promis à Todd. Et c’est là qu’une idée leur vient : créer une ferme éco responsable ! L’aventure commence donc, Molly et John quittent tout pour partir au fin fond de la Californie afin de vivre en harmonie avec la faune et la flore. Ils débarquent sur une terre asséchée et épuisée par la monoculture, qui se transforme de jour en jour en désert. Tout le film se base sur le défi de réaliser ce rêve écologique.

Se tourner vers la permaculture pour apporter des changements et répondre par des actions aux problèmes de réchauffement climatique, c’est la dynamique que ce jeune couple va essayer de mettre en place en reconstruisant un écosystème complet et autoréglé au sein de leur exploitation.

John suit tout leur parcours à travers sa caméra pendant 7 ans. Leur chemin sera semé d’embûches, de crises, de remises en question. Les images sont sublimes, les prise de vues aériennes sont constituées de super ralentis esthétiques et tout ça accompagné d’une chouette bande originale !

C’est un documentaire qui fait du bien ! Et qui donne de l’espoir ! L’espoir de reconnecter notre société au vivant et les relations entre hommes et animaux. Après avoir vu ce film, on a qu’une envie : se couper de tout pour se reconnecter avec cette nature qu’on oublie tant, qu’on ignore dans notre quotidien de super capitaliste et consommateur. Une cinématographie construite avec légèreté, humour, simplicité et tendresse.

Un petit grain de positivité et un doux moment de légèreté  c’est ce que vous apportera ce joyeux documentaire plein d’espoir.

L’anthropocène, « l’ère de l’humain », est, par définition, une époque de l’histoire débutant après la révolution française caractérisée par l’influence de l’être humain sur la biosphère et l’écosystème terrestre.

La civilisation humaine moderne ne s’est développée qu’au cours des dix derniers millénaires. Mais notre succès en tant qu’espèce a poussé les systèmes de la planète hors de leurs limites naturelles.

Ce documentaire canadien ne laisse pas indifférent. Du trafic d’ivoire au Kenya jusqu’aux bassins de lithium au Chili, les réalisateurs ont parcouru le monde pour capturer de magnifiques images prouvant la domination de l’homme sur tous les secteurs exploitables de notre chère planète.

Ce film est une expérience fascinante et provocatrice qui nous montre à quel point notre impact sur la Terre doit être pris en considération.

La douce voix d’Alicia Vikander (grande actrice suédoise) nous berce tout au long de ce voyage autour du monde, ce qui donne au projet un caractère touchant et humaniste.

Un parfait croisement entre science et art, le documentaire réalisé par Jennifer Baichwal, Nick de Pencier et Edward Burtynsky est une expérience exceptionnelle qui nous laisse nous poser les questions du pourquoi, comment sommes nous arrivé là ?  Le peu de parole laisse toute la place au visuel et aux images à couper le souffle au sens propre, ainsi qu’aux plans aériens et rapprochés très artistiques qui surprennent le spectateur. Ce film est paradoxalement très beau, ce qui le rend dérangeant ! On se sent impuissant face à ces merveilleuses richesses naturelles détruites par nos machineries industrielles qui nous apparaissent comme des monstres. Mais nous ne le sommes pas, impuissants.

Nous sommes tous impliqués.

La ténacité et l’ingéniosité qui nous ont permis de prospérer peuvent aussi nous aider à remettre ces systèmes en place afin de préserver toutes les formes de vie sur terre.

Prendre conscience de notre impact et le repenser… est un premier pas vers le changement.

Cold War est un film polonais, réalisé par Pawel Pawlikowski. Qui est un réalisateur et scénariste polonais ayant recu une importante quantité de prix pour ses réalisations, comme par exemple pour ‘’Ida’’, qui recu énormément de prix et même l’Oscar de meilleur film étranger. Comme ce dernier, Cold War a été sélectionné par la Pologne pour participer à l’Oscar du meilleur film étranger.

Pour parler plus précisement de ce film, il est en noir et blanc et réalisé en mémoire aux parents de Pawel, ce sont leurs prénoms qui sont portés par les 2 protagonistes de l’histoire , car oui nous assistons à l’histoire d’un amour impossbile entre une chanteuse polonaise et un pianiste et chef d’orchestre francais.

Le film se déroulant durant les années 49-50 en Pologne, cette période est caractérisée par de grosses tensions pesant sur la population et dans le monde dû à ce qu’on appelle « La guerre froide », d’où le titre du film.

L’histoire s’arbitre donc entre la relation de plus en plus étroite entre Zula, jeune chanteuse polonaise et Wiktor, musicien francais. Celui-ci est à la recherche de talents et est totalement séduit par cette jeune chanteuse blonde et charme transcendant du à un regard très profond. Le musicien francais ne prête pas attention aux grosses tensions d’après guerre et se rapproche de plus en plus de Zula.

Ce film fit beaucoup d’entrées et a recu beaucoup de prix pour sa  mise en scène surprenante et souvent inattendue : certains passages valent le détour. Le fait que ce film soit en noir et blanc nous fait replonger dans cette époque très sombre et morose. Cela donne également un effet très authentique. Nous ne nous reposons pas sur les couleurs, nous devons donc par notre inconscient analyser d’autres choses plus profondes dans les personnages présents.

Après le thriller urbain « Good Times » sorti en 2017, les frères Safdie lâchent les bas-fonds de New York pour nous emmener dans le monde du Bling Bling et des diamants avec « Uncunt Gems ». Ce film à voir sur Netlfix est le théâtre de la descente aux enfers d’un bijoutier juif interprété par Adam Sandler qui est fasciné par l’argent mais poursuivi par le mauvais œil. Fausses dents immaculées, diamants aux deux oreilles, trois-quarts en cuir, il incarne prodigieusement le loser magnifique prit dans l’infernal tourbillon des mauvais choix.

Howard Ratner trouve un contact en Ethiopie qui possède un opale valant plus d’un million d’euros. Directement, il saute sur l’opportunité d’escroquer cet homme pour vendre sa pierre a un prix exorbitant au célèbre joueur des Celtics Kevin Garnett himself. Croulant sous les dettes et poursuivit par des personnes malintentionnées, il va s’enfoncer au fil de l’histoire dans une belle grosse merdasse et ne jamais en sortir. Suivre ce joaillier magouilleur, gueulard, joueur et inconscient, est épuisant, lessivant. Une constante tension ou les disputes s’enchaînent, où la question : « comment ça va finir ? » trotte en permanence.

Critiques de 2017-2018

The shape of water

May 14, 2018

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Antonin

La voilà enfin, celle que vous attendiez tous !

Quelques semaines après sa victoire aux Oscars dans les catégories :

-Meilleur film

-Meilleur réalisateur

-Meilleure musique

-Meilleure direction artistique (photographie)

Il est grand temps de revenir sur le film qui va marquer les esprits en 2018 : « The Shape of Water » du très talentueux et très Mexicain, Guillermo Del Toro.

Ce film est un bijou, un retour aux amours de Del Toro. En effet, si on analyse un peu la carrière du réalisateur, on se rend assez aisément compte que les monstres et le bestiaire qui va avec, sont la pierre angulaire du cinéma de notre Mexicain préféré.

Sa filmographie compte quelques chefs-d’oeuvres comme l’excellentissime Labyrinthe de Pan ou encore la saga Hellboy qui bien que plus accessible n’en reste pas moins fantastique et enfin le très controversé mais pourtant jouissif Pacific Rim (je ne sais pas vous mais moi voir des gentils robots qui tapent sur le museau de vilains Kaiju je trouve ça trop cool de base alors quand en plus c’est bien fait… Que demande le peuple).

On pourrait en citer beaucoup plus mais voilà pour les plus « connus » dirons-nous.

A côté de ça il a fait des trucs un peu plus moyen genre « Blade 2 » ça c’est pour ta truffe Gui Gui !

Bref revenons à nos monstres sous-marins :

Dans une Amérique en pleine guerre froide, où l’espionnage est roi et les gens bien trop paranos, Elisa (Sally Hawkins) une femme muette travaillant dans un laboratoire top secret va entamer une relation compliquée avec un monstre/dieu des abysses. Aidée par son amie Zelda (Octavia Spencer) et son voisin Giles (Richard Jenkins) elle va mettre son plan en marche et ainsi aider la créature à se sortir des séances de tortures organisée par ce maso de Richard Strickland (Michael Shannon) qui est aussi sympathique qu’une porte de prison elle-même dans une prison, elle-même en Corée du Nord, bref un gars pas giga flex avec qui on ne partagerait pas une partie de Jungle speed.

Alors oui, l’histoire n’est pas d’une complexité extrême mais là est toute l’intelligence du film. Le film dépeint, selon moi, plus une fresque poétique, un film sensoriel duquel on ne sort pas indemne. Durant deux heures, on a l’impression d’être enveloppé dans un voile aquatique duquel on ne veut pas sortir. Le titre du film colle parfaitement au long métrage, la forme de l’eau ne peut être définie que si elle est contenue dans un récipient, elle s’adapte au contour créé pour elle. Ici c’est également le cas, le film s’adapte parfaitement à ses contours, à son histoire et nous fait ressentir une certaine naïveté teintée tantôt d’amour, de joie, de tristesse et de peur. Avec, on ne va pas se le cacher, une bonne dose de frottage de poil pour l’académie (on t’a cramé Guillermo).

Comme je le disais plus haut, un thème récurrent dans le cinéma de Del Toro sont les monstres. Dans le film, le monstre est traité de différentes façons : de manière évidente, le film parle de monstre puisque celui-ci est l’un des principaux protagonistes. Mais il parle aussi du monstre enfoui en l’homme. Ici le monstre de l’histoire est le personnage campé par Michael Shannon, Mr Strickland, et cela nous est montré à travers son doigt, qui pourrit un peu comme l’âme de ce cher Richard. Le monstre n’est pas celui qui en est un physiquement mais celui qui en est un dans sa tête et dans ses actes. Il est aussi important de noter qu’en s’inspirant de la créature du lac noir pour son film et pour sa créature, Del Toro nous propose une fin alternative au film de 1954.

Une autre thématique abordée par le film est celle de la différence, elle est partout. Sans doute une part d’autobiographie pour le réalisateur qui en tant que Mexicain a dû se faire une place dans une industrie dévouée aux Américains. Peut-être une petite réponse aussi à un certain mur qui doit être « construit » sur une certaine frontière.

Le personnage principal Elisa est muette, Son amie Zelda est afro-américaine, Giles est homosexuel, l’espion qui les aide est Russe et enfin la créature. Le seul personnage qui ne fait partie d’aucune minorité dans le film est celui joué par Michael Shannon qui est l’antagoniste principal de notre histoire. Alors certes, c’est un peu beaucoup mais on sent bien la volonté du réalisateur de nous faire comprendre que les différences ne doivent pas nous effrayer, et que le pire peut se trouver en chacun de nous.

Parlons un peu plus du « décor », de l’habillage du film : la musique a été composée par le compositeur français, Alexandre Desplat et il nous donne une création des plus envoutante, une musique qui nous porte à travers tout le film et qui soutient parfaitement ce côté un peu naïf et enfantin du film. Son Oscar est archi mérité (a noté qu’il a aussi fait du super boulot sur « Good bye Lenin » ceux qui sont venus à la dernière projection sauront de quoi je parle).

Parlons un peu des choix visuels du film, là encore tout est parfait. L’eau est présente partout et le chef opérateur n’est pas tombé dans le cliché de l’eau bleue turquoise et translucide. Ici l’eau est presqu’un personnage, une entité qui donne de l’ambiance à chaque scène que ce soit au niveau sonore ou visuel, on a parfois même l’impression de pouvoir la sentir.

Une dernière petite mention pour les acteurs :

Tout d’abord, Sally Hawkins, incroyable de tendresse et de talent, malgré son mutisme, elle est très expressive et fait passer énormément d’émotion, un réel hommage au cinéma muet. (Elle aurait dû gagner l’Oscar scrogneugneu). Ensuite Richard Jenkins, le voisin de palier homosexuel fan de comédies musicales et de Broadway est parfait dans son rôle d’artiste déchu et touchant tant son personnage sonne vrai et authentique. Ensuite, Octavia Spencer, qui comme à son habitude joue parfaitement son rôle de commère ménagère, c’est sans doute selon moi le personnage le plus drôle du film, ses plaintes sur son mari sont juste parfaites. Et enfin, notre ordure préférée, Michael Shannon qui joue à la perfection le fils de ***** qu’il est censé incarner : froid, calculateur, méprisant, dégueu (scène des toilettes à l’appui),… même son pouce décédé à l’air plus cool. Bref que du beau monde à son meilleur niveau.

Tous ces éléments font de ce film un long-métrage totalement cohérent dans ses choix. Je ne pense pas avoir déjà vu un film où le titre colle aussi bien à son contenu. Un film sensoriel qui ne laisse personne indifférent. Alors je sais que mon objectivité n’est peut-être pas l’élément qui ressort le plus de cette critique mais vous verrez, laissez-vous flotter !

Ni juge ni soumise

March 30, 2018

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Jerhem

Wouah « strip tease » sort un film! Ça parle d’Anne Gruwez, une juge, qu’on suit pendant 3 ans dans sa vie de tous les jours ! En plus, on me dit dans l’oreillette que le film a fait polémique. Délicieux ! J’adore avoir un avis sur les « buzz » du moment afin de montrer que je suis quelqu’un de « in touch ». Un pote poste un mot sur « Les copains », mon groupe facebook d’amis : « Strip tease au quai 10 ce samedi à 18h30 pour ceux que ça intéresse ». Hyper chaud de voir ce film, je saute sur l’occasion.

Rendez-vous chez « Danny », un bar dans ma douce ville de Charleroi, avec mes copains de toujours. Après quelques verres, on se dirige vers Q10 le cinéma situé sur l’ancien quai de brabant. Tout le monde est hyper motivé d’aller voir le film. Dans la file, des gens de tout âge, de différents milieux se côtoient. C’est toujours marrant de voir à quel point le cinéma à le pouvoir de rassembler un tel melting pot de gens.  Après le moment galère mais inévitable de recherche de places convenables suivi de quelques arrêts stratégiques au WC, le film commence.

Dès les premières minutes, il fait mouche. Tout le monde éclate de rire devant les aventures du juge Anne. C’est sans doute la première fois qu’il m’arrive de voir une telle cohésion dans une salle.  On se moque gentiment des petits malfrats qui inventent les pires excuses pour s’en tirer et des policiers qui bloquent sur la résolution d’une veille affaire. Entre ces moments de pures rigolades, un malaise s’installe. Le film continue sur sa lancée mais impossible de me détacher de ce sentiment qui semble ne pas vouloir partir comme un morceau de papier-toilette collé à ta chaussure quand tu sors des toilettes après un samedi aprem passé à Walibi (Sixflag pour les anciens).

Après 1 heure, j’arrive à mettre la main dessus. En fait, ces gens qui pleurent, qui se mettent en colère, qui crient à l’injustice… ce sont de vraies personnes. Ce ne sont pas des acteurs. Ce sont des hommes et des femmes qu’on peut croiser au coin de la rue, à l’épicerie, à la banque, au café. Ces mêmes gens à qui tu demanderais du feu pour allumer ta clope (ndlr maman si tu lis ça je ne fume pas promis). En fait, ces personnes qu’on voit à l’écran c’est nous… juste nous avec moins de chance dans la vie. Un moment d’égarement et on pourrait se retrouver à leur place. Dès lors, le film prend une nouvelle dimension en sortant de son cadre « comique ». Il nous renvoi aux travers de notre société et plus particulièrement de son système juridique. On a envie de se révolter ! Hurler devant ce spectacle, devant cette justice injuste, devant ces récidivistes qui reviennent inlassablement voir Anne pour se faire juger et se faire condamner à l’instar de lemmings qui dans la croyance populaire sautent vers leurs morts poussés par on ne sait quel instinct.

Et là dans cette brume de pensées noires, Anne apparait comme un rayon d’espoir. Face à son humanité envers ces « cas désespérés », on ne peut rester de marbre. On se dit qu’au final, il a des gens bien derrière cette bureaucratie. Ce film dénonce en même temps qu’il fait rire. Il est foncièrement beau. Il montre le coté imparfait de la société. En fait, il montre le coté imparfait de l’être humain.

Call me by your name

March 28, 2018

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Léopold

Elio (Timothée Chalamet) a 17 ans et vit la « Dolce Vita » chaque été dans une villa, héritage familial, quelque part dans le Nord de l’Italie. La journée il lit, profite du soleil, joue de la musique et discute des grands écrivains classiques avec ses parents, tandis qu’il passe ses nuits à faire la fête avec les jeunes du village. Cet été devait être le même que tous ceux écoulés, mais c’était sans compter l’arrivée d’Oliver (Armie Hammer). Venu tout droit d’Amérique pour étudier le temps de deux mois auprès du père d’Elio, il va entrer dans la vie de celui-ci à un moment crucial : celui de la découverte de l’amour et de la recherche de soi.

Ce film, adapté du roman d’André Aciman, est une œuvre d’exception. Luca Guadagnino (le réal) réussit à nous présenter un film fort, vrai et intense, en nous remettant dans cette période compliquée de notre vie et en la couplant à une expérience vécue par nombre d’entre nous. En effet, beaucoup de gens ont déjà vécu un « amour d’été ». Que ce soit une petite amourette pendant l’adolescence ou quelque chose de plus fort, ce genre d’histoire nous marque toujours fort sur le long terme.

Mais ce sentiment de connexion n’est pas uniquement ce qui fait la réussite du film. Les acteurs sont au sommet, Timothée d’ailleurs nommé pour l’oscar du meilleur acteur, est plus que convaincant. Je retiendrai personnellement la performance de Michael Stuhlbarg, qui joue un père perdu dans ce passé qu’il étudie, mais en même temps si progressif et compréhensif de l’évolution par laquelle son fils est en train de passer.  Son monologue est d’ailleurs de loin mon moment préféré !

Ensuite vient la musique, alliant des créations originales plus émouvantes les unes que les autres et des morceaux de grands auteurs classiques. Après pour les plus cinéphiles et amateurs de belles images, il vaut la peine de faire remarquer la présence d’un grain assez fort de la pellicule, donnant au film un air à la fois si réel, et faisant en même temps penser au cinéma Italien de l’époque de Fellini et de sa « Dolce Vita ». De quoi faire plaisir aux nostalgiques !

On peut donc au final parler d’un film complet et réussi, parlant d’un âge sans insouciance, qu’on aimerait bien pouvoir vivre tous les jours. Parce qu’après tout comme le disait Rimbaud : « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ».

Three Billboards : outside Ebbing, Missouri

February 28, 2018

Maël

Après l’énorme « In Bruges », et l’agréable, quoique limité, « 7 Psychopaths »,  Martin McDonagh revient de la plus belle des manières,  signant avec « Three Billboards Outside Ebbing, Missouri » (on taira le titre francophone, digne d’un téléfilm du dimanche)  un des incontournables de ce début d’année.

Ebbing, Missouri.  Petite ville américaine insignifiante comme il y en a tant d’autres, un trou perdu dans lequel il ne se passe pas grand chose.  De ne rien faire,  c’est justement ce que reproche Mildred Hayes (Frances McDormand)  à la police locale,  quand, 6 mois après la mort de sa fille « violée alors qu’elle agonisait » , l’enquête est toujours au point mort…

Sous le couvert d’un faux polar, le film  met en scène la colère d’une femme, dont la quête oscille entre justice et vengeance.  L’humour noir et décalé présenté par le film n’est  pas sans rappeler le tragi-comique propre à l’univers des frères Coen dont l’influence est indéniable. Le film garde néanmoins son identité propre, celle d’un film vrai, simple et humain.  Les différentes facettes de l’Amérique profonde y sont décrites, des plus légères aux moins reluisantes. L’écriture du film, de par sa justesse, évite néanmoins toute trace de manichéisme.

A l’instar du film, le casting est excellent. Frances McDormand (Midred Hayes) est majestueuse en femme forte quoique brisée à l’intérieur.  Woody Harrelson (Chef Willoughby) est touchant en chef de police compréhensif quoiqu’impuissant. Sam Rockwell signe également une grande interprétation,  en flic raté et loser sadique quoique plus complexe qu’il n’y parait. On prend également plaisir à retrouver Peter Drincklage en nain alcoolique  (oui oui, encore) et émouvant par moment.

Pas grand-chose à redire donc sur ce film, couronné qui plus est d’une très bonne bande son qu’on prend plaisir à réécouter. Sans conteste pour moi le meilleur film de ce début d’année, et dont on n’a pas encore fini d’entendre parler.   Après les quatre Golden Globes déjà décrochés, on attend avec impatience la suite des festivités.

La montagne entre nous

November 16, 2017

Lola

Ce film, tout juste sorti dans les salles début novembre, est le dernier projet du réalisateur israélien Hany Abu-Assad (Paradise now).

Il nous plonge dans l’aventure d’Alex (Kate Winslet) et Ben (Idris Elba), tous deux coincés à l’aéroport à cause d’une tempête. Seulement voilà, en plus d’avoir leur vol annulé (tout le monde a l’habitude maintenant, #Ryanair), Alex, journaliste, se marie le lendemain tandis que Ben, chirurgien, a une importante opération à pratiquer. Ils ne se connaissent pas mais décident d’affréter ensemble un avion privé afin de se rendre à Denver dans les temps. Malheureusement, leur pilote fait un AVC et crashe l’avion. Alex et Ben se retrouvent perdus au milieu de chaines montagneuses enneigées. Sachant qu’ils n’ont aucune chance d’être secourus, ils décident de partir dans un périple pour leur survie avec juste l’un et l’autre sur lequel compter…

Après avoir visionné la bande annonce, je m’attendais à un film qui tienne en haleine du début à la fin, à voir une aventure pleine de rebondissements, avec une fin fracassante. Pendant la première partie du film, on peut dire que la promesse est tenue. Tous les éléments sont bien campés : les personnages sont attachants, les paysages sont magnifiques et terrifiants à la fois, la situation est plus que critique : elle est blessée, ils n’ont rien pour survivre … Mais le film va dériver vers une histoire d’amour larmoyante, une sorte de remix du Titanic version montagnarde, mais sans la crédibilité du contexte réel : la situation ne s’y prête pas et on assiste impuissant à la lutte de Kate et Idris, tentant au maximum de leurs capacités de se débattre avec ce scénario sans grande crédibilité. Sans Léonardo et sans Céline, c’est difficile d’y croire !

Néanmoins, le film, tourné au Canada, nous montre des images magnifiques de paysages à couper le souffle tout en insistant sur le côté hostile de la région.

Kingsman : The golden circle

December 4, 2017

Jerhem

On va faire un petit rappel. Kingsman, c’est quoi ? C’est un film réalisé par Matthew Vaughn  adapté/inspiré du pas si bon roman graphique  » The secret service » de Dave Gibbons et Mark Millar.

C’est l’histoire d’une agence d’espionnage anglaise dont les codes sont librement inspirés de la légende arthurienne qui combat des vilains méchants fous à lier.

Quand, en 2014, sort le premier volet, c’est la grosse surprise. On a droit à un divertissement intelligent et singulier, doublé d’une satire de notre société de communication (facebook, c’est pas bien mdr), donnant lieu à des scènes politiquement pas correctes mais maitrisées, le tout porté par un casting 3 étoiles ( Samuel.L.Jackson, Colin Firth, Mark Strong).

Faire une suite d’un film à succès est toujours un exercice difficile. Il faut que le film reste fidèle à l’esprit du premier mais en lui apportant une dimension nouvelle et tout cela, en surprenant les spectateurs pour lui éviter du réchauffé. A part de rares exceptions (Schrek (2) is love), cela a souvent été un échec. Malheureusement, « Kingsman 2 : le cercle d’or » ne déroge pas à la règle. Là où le premier nous faisait rire en mêlant l’humour potache et fin, le cercle d’or vire plusieurs fois du côté de l’humour ras des pâquerettes. Mention spéciale à la scène que je nommerai « le doigt » qui a tellement choqué un spectateur qu’il a quitté furibond son pop-corn à la main la salle où je me trouvais.

Point de vue scénario, c’est pas l’éclate. On se rend vite compte que ce n’est qu’un prétexte lourdaud pour dénoncer, encore une fois, la présidence de Donald Trump (le vilain). C’est fort louable mais bon, à part si le spectateur vit dans une cave coupée du reste du monde, je pense que tout le monde est au courant que Trump n’est pas dingue comme président. Tout cela aurait pu être relevé par l’analyse politique liée au commerce des drogues illégales face aux drogues légales, qui aurait été intéressante si elle n’avait pas été perdue dans une intrigue bien trop légère.

Concernant le casting, c’est l’incompréhension totale. Je ne comprends pas l’intérêt d’avoir caster Halle Berry ou encore Pedro Pascal pour si peu les exploiter, et ne parlons pas de Channing Tatun, dont la participation au film se limite à 2-3 scènes de 15-20 secondes chacune. Par contre, Julian Moore est convaincante en méchante totalement givrée mais, malheureusement, on notera de trop grandes ressemblances avec le personnage déjà joué par Samuel L. Jackson dans le premier volet.

Malgré tout le venin que je viens de cracher, le film reste divertissant. Les scènes d’’actions sont toujours aussi impressionnantes. Si on arrive à oublier le ridicule de certaines situations, on peut passer un bon moment.

Jerhemy Mwaku Muloshi

Critiques de 2018-2019

Synopsis

 

Aux Etats-Unis, le début des années 1970 marque une période de lutte politique intense entre les afro-américains et certains suprémacistes blancs peu enclins à perdre leurs avantages sociaux aux profits de ceux qu’ils nomment les « macaques ». C’est dans ce climat tendu que Ron Stallworth devient le premier policier noir américain du Colorado Springs Police Departement. Accueilli avec froideur par certains de ses nouveaux collègues, il se fait malgré tout peu à peu une place dans ses nouveaux bureaux grâce à son franc parler et son audace.

Désireux de changer les choses, Ron se lance dans une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan afin de le détruire de l’intérieur. Pour se faire, il téléphone au responsable de l’organisation dans sa localité en se faisant passer pour un américain blanc haïssant noirs, juifs, chinois. De fil et en aiguille, il va commencer à sa sympathiser avec Walter, le chef du Klan dans sa région. Lorsque celui-ci lui propose une rencontre, Ron propose à Flip Zimmerman, l’un de ses collègues, lui-même juif, de se faire passer pour lui afin de ne pas éveiller les soupçons. Au fur et à mesure des rencontres et des nombreux coups de téléphone, Ron et son équipe vont se rendre compte que les objectifs du Klan ne sont pas devenus pacifiques et que ceux-ci préparent une action bien plus sanglante que des discours haineux.

Critiques

Avec ce film basé sur une histoire vraie, Spike Lee démontre une nouvelle fois ses talents de cinéaste ainsi que son sens critique vis-à-vis des déboires la société nord-américaine. Bien plus actuel qu’il n’y parait aux premiers abords (les clins d’œil faits au président Donald Trump sont trop omniprésents pour les ignorer), BlacKkKlansman est formidable coup de poing cinématographique mêlant un humour déjanté et provocateur avec des scènes plus choquantes voir terrifiantes, le tout agrémenté d’une grande prestation artistique et de dialogues inoubliables.

Plus qu’un film comique et politique, BlacKkKlansman est un film policier réussi où les scènes d’actions et le suspens (parfois haletant) sont présents. Le spectateur suit avec un intérêt certain cette enquête pour le moins farfelue où l’agent infiltré présente en réalité deux aspects : Ron, le policier afro-américain dont la voix et le discours iront jusqu’à séduire David Duke, le grand sorcier du Ku Klux Klan et Filip Zimmerman son collègue qui, lui, se présente en personne au groupe criminel et sympathise peu à peu avec ses membres.

La prestation de John David Washington (fils de Denzel Washington) dans son premier rôle principal est magistrale. Il incarne à merveille un personnage insolent et audacieux mais tiraillé entre les revendications de mouvement qu’il côtoie comme le « Black lives matter » et sa profession de policier. Les autres interprétations sont dans l’ensemble très réussies  portées notamment par Laura Harrier dans le rôle militante invétérée et tête brûlée dont Ron tombera peu à peu amoureux ou encore Adam Driver, jouant le rôle du partenaire caméléon dont le professionnalisme et l’efficacité se révèleront très vite décisifs pour la suite de l’enquête.

Finalement, BlacKkKlansman est une immense réussite et un film au combien précieux en ses temps d’oppositions et de divisions politiques aux Etats-Unis. Une fois de plus, Spike Lee signe un film engagé et poignant, dont le contenu reste divertissant et accessible au grand public.

Hugo

Synopsis :

Moulin Rouge est une comédie musicale américano-australienne réalisée par Baz Luhrmann, sortie en 2001.

Cette comédie s’installe dans un Paris baroque et flamboyant des années 1900. On y découvre l’histoire d’un jeune poète plein d’espoir du nom de Christian – interprété par Ewan McGregor – et qui vient s’installer à Montmartre, siège de la vie bohémienne. Mais tout se bouscule lorsqu’il découvre Satine, cette jeune courtisane et danseuse vedette du moulin rouge qui rêve de se faire un nom au cinéma – jouée par Nicole Kidman.

C’est grâce à un dénommé Henri de Toulouse-Lautrec que Christian va être amené à écrire une pièce de théâtre pour le Moulin Rouge. Mais pour ce faire, il va devoir prétendre être un Duc, et pas n’importe lequel, le Duc Monroth qui est un investisseur du Moulin Rouge épris d’un amour fou pour Satine, qu’il considère comme sienne.  Une rencontre avec Harold Zilder, le propriétaire du cabaret, va donc être un passage obligatoire pour la bonne suite des évènements.

Il faut noter que le réalisateur s’est inspiré du mythe d’Orphée afin d’illustrer un amour impossible.

Critique :

Lorsque que le film commence, on ne peut s’attendre à un tel spectacle. Au fur et à mesure que la bobine de pellicule se déroule, on assiste à un mélange de décors fabuleux et de costumes toujours plus surprenants qui ne cessent de nous rappeler la scène théâtrale au sommet de son extravagance.

Style, jeux d’acteurs et ton rougeâtre nous plongent directement dans l’ambiance centrale du film, à savoir l’amour et le drame.

Empreinte de chansons, cette comédie musicale, loin de nous étouffer ou de nous barber, permet d’installer un rythme soutenu jusqu’à en disparaitre au sein de l’intrigue. Choix judicieux du réalisateur, certains grand hits de l’époques sont revisités pour notre plus grand plaisir, comme par exemple Madonna, Elton John ou encore la fameuse chanson « Roxane » tombant à point nommé lorsque le Duc demande à Satine de s’offrir à lui, mais l’on n’en dira  pas plus, pas de spoil…

Malgré des effets spéciaux osés et son ambiance un peu « kitch » ceux-ci se fondent littéralement avec l’univers que le réalisateur tente de nous présenter, un univers magique et rocambolesque !

Pour nous tenir en haleine, on nous offre une Nicole Kidman époustouflante, magnifique, à l’apothéose de sa beauté ainsi qu’un Ewan McGregor bouleversant comme jamais.

Ce spectacle nous permet de réaliser ce qu’est l’amour, le vrai, le seul, l’unique.

En conclusion, ce n’est pas qu’un film mais un opéra entier qui laisse envahir toute la magie dès le levée de rideau.

Dans un monde post-apocalyptique certains privilégiés vivent dans la dernière ville suspendue appelée Zalem. Les plus pauvres, quant à eux, tentent de survivre dans une ville nommée Iron City. Ville où le crime règne en maitre et où chacun rêve d’atteindre la cité céleste. Un jour, alors que le docteur Dyson (Christoph Waltz), spécialiste en augmentation biomécanique, fouille dans la décharge de Zalem il y découvre un corps d’une cyborg endommagé. Il le répare et le réanime, Alita est née. Cette dernière se révèle être une « personne » pleine de sentiments mais souffrant d’amnésie. Alors qu’elle se découvre des talents de combattante, elle rencontre Hugo, un revendeur de pièces détachées avec qui elle va se lier d’amitié. Alita part alors à la découverte de sa véritable identité.

Ce film, très attendu de l’année 2019 et pour cause ; ce sont Robert Rodrigez (Desperado, Sin City) en réalisateur et James Cameron (Titanic, Avatar) en producteur qui se sont alliés sur ce projet d’adaptation du manga “Gunnm” de Yukito Kishiro.

Si l’on ne peut qu’applaudir la qualité des effets spéciaux, c’est surtout le personnage d’Alita en lui-même qui force l’admiration. Cet être moitié humain, moitié robot en combinaison avec ses immenses yeux la rendent extrêmement attachante.

Le point négatif, et pas des moindres, est le côté vu et revu du scénario. Bien qu’un des premiers de ce genre pour le manga, le film en 2019 n’apporte rien de nouveau. Résultat : très peu de suspens et une histoire très attendue voire clichée.

Une autre remarque porte sur le personnage joué par Mahershala Ali (Green book, Moonlight), acteur de grand talent, qu’on aurait voulu voir plus à l’écran dans le rôle de Vector. Le film aurait pu se passer de certains passages qui trainaient en longueur pour laisser plus de place à ce personnage bien plus intéressant.

Conclusion, résultat très mitigé pour le film mais avec certaines grandes réussites tout de même.

Lola

Critique « The Green Book »

 

Nominé et gagnant du meilleur film lors de la 91e cérémonie des Oscars, « The Green Book » est un film biographique réalisé par Peter Falley sur le sujet dramatique de la ségrégation des années 1960 en Amérique. Sujet qu’il parvient à détourner en ambiance drôle grâce à l’amitié formée entre un pianiste noir et son chauffeur italien. Viggo Mortensen, étant le plus reconnaissable dans le rôle de héros de guerre (Aragorn) dans la trilogie « Le seigneur des anneaux », incarne cette fois-ci le rôle de Tony Lip, un videur italien chargé de conduire et protéger un pianiste noir Dr Don Shirley incarné par Mahershala Ali.


Ce film nous emporte tout au long de la tournée, de Manhattan jusqu’au Sud profond, d’un talentueux pianiste noir reconnu mondialement accompagné de son chauffeur et protecteur. Le Sud profond, qui est à cette époque le cœur de la ségrégation raciale, va donc être visité Etat par Etat par les deux compagnons avec l’aide d’un Green Book indiquant les lieux délicats à fréquenter en tant que noir.

Peter Falley met en avant le mouvement des droits civiques en Amérique lorsque le pianiste subit des inégalités autorisées par les policiers, les serveurs et les hôtes dans le Sud profond, qu’il n’aurait pas subit à New York.

Dr Don Shirley, premier pianiste noir à jouer devant un public blanc, va être confronté à la difficulté d’appartenir à une autre ethnie : les noirs ne le considèrent pas comme l’un d’entre eux car il se comporte trop comme un blanc tandis que les blancs ne le considèrent pas comme quelqu’un égal à eux, car il n’a pas la même couleur de peau. Donc le talentueux pianiste va seulement être admiré lorsqu’il est sur scène mais dès qu’il en redescend, il se retrouve seul et discriminé au sein de personnes qui se déplacent justement pour écouter sa musique.

Avec Tony Lip à ses côtés, il va vite se sentir en plus grande sécurité et ils se lieront d’amitié. Ce qui détruira les préjugés ridicules que l’un a eu sur l’autre lors de leur première rencontre. Les deux compagnons, partant de zéro point en commun, vont devoir se supporter pendant 6 mois. Cela va les faire évoluer vers une entente réciproque, le tout dans une ambiance drôle et satirique. Les aprioris qu’ils se portaient l’un vers l’autre au départ dénoncent des préjugés qui sont ridiculisés par le réalisateur : l’un regarde l’autre de haut car il est blanc et l’autre regarde l’autre de haut car il est pianiste. L’évolution de leur amitié tout au long d’une tournée de 6 mois dans les Etats les plus racistes de l’Amérique, fait passer le spectateur à travers tout type d’émotions en le conscientisant sur des réalités de l’époque, qui sont encore actuelles sous différentes formes.

« The Green Book » vaut donc vraiment la peine d’être regardé car le sujet dramatique de la ségrégation a été mis en scène de manière originale, et permet au public de profiter d’une comédie satirique. Viggo Mortensen incarne remarquablement bien le personnage italien, ce qui change de ses rôles habituels qui ne sont généralement pas comiques et cela vaut donc la peine d’être vu. Les paysages de tous les Etats de Plein Sud nous emmènent comme dans un road trip en Amérique où à chaque arrêt, on écoute un concert unique joué par Dr Don Shirley.

Jojo

Critique du film « Upgrade » de Leigh Whannell

Ce film de genre sciences fiction – thriller australien met en scène un univers futuriste, où les robots et l’intelligence informatique ont pris une place très importante dans la société. Tout ceci sans dévier trop de la réalité, comme par exemple les voitures à conduite automatique, les maisons intelligentes, etc…

Upgrade a été réalisé par Leigh Whannell, réalisateur et acteur. Il compte plusieurs films à son compte comme le succès Insidious 3 par exemple. Mais sa carrière d’acteur est d’autant plus impressionnante ; Aquaman, Insidious, The Mule, SAW et beaucoup d’autres.

L’acteur principal de ce film est Logan Marshall-Green, que vous avez pu apercevoir dans 24h chrono, madame Bovary, Prometheus et encore un certain nombre d’autre.

Grey, interprété par Logan Marshall-Green, semble avoir une belle vie avec son épouse, presque dans le cliché avec leur maison intelligente et tout ce qui suit cette technologie. Mais on est vite pris de cours quand un évènement arrive. Ceci va changer sa vie et le rendre dans l’incapacité de bouger.

Ceci va mettre en scène un inventeur milliardaire doté d’une grande intelligence et incroyablement doué quand il s’agit d’intelligence artificielle et de la technologie robotique de pointe. Il contactera donc Grey afin de tester une nouvelle invention qui dépasse tout ce qui est imaginable. Et c’est là que le film va vraiment commencer et va vous transporter dans un univers tant différent que perturbant.

Ce scénario peut ressembler à un film typique d’action science-fiction mais il a ses caractéristiques propres qui le démarque du reste, des plans mouvant de manière robotique avec des retournement complets fait qu’on reste subjugué lors de scène de combat par exemple. 

Je recommande ce film aux fans de films de science-fiction futuriste mais aussi à tout le reste, car il nous prend et peut nous mettre mal à l’aise par moment, jusqu’à nous perturber par son réalisme et ses plans originaux.

The Blind Side

 

Ce film, basé sur un livre mettant en scène sur une histoire vraie, a créé un véritable engouement lors de ses projections dans les salles américaines. Et pourtant, jugé trop banal, ce film n’a jamais été projeté sur la toile en Europe…. « The blind side » ou « L’éveil d’un champion » est un film dramatique basé sur le football américain. Il a été réalisé par John Lee Hancock en 2009 et fut nominé aux oscars en 2010 dans la catégorie du meilleur film.

L’histoire poignante raconte la rencontre entre un jeune homme abandonné par sa famille et déscolarisé (Michael Oher), et une riche bourgeoise passionnée de sport (Leigh Anne Tuohy). Dans le rôle de la riche bourgeoise, nous retrouvons Sandra Bullock qui grâce à ce film a remporté trois prix prestigieux (l’Oscar de la meilleure actrice, le Guild Award de la meilleure actrice et le Golden Glode de la meilleure actrice dans un drame).

A la fin d’un match de volley au Lycée de Wingate, Leigh Anne remarque un jeune homme s’empressant de ramasser les nombreux paquets de popcorns laissés dans les tribunes. Elle interroge à son fils, Sean Junior (acteur : Jae Haed) sur l’identité de ce triste personnage. Sur le chemin de retour, après avoir fêter la victoire de leur fille, la famille croise à nouveau le chemin de Michael qui se dirige en t-shirt sous la pluie vers le Lycée. Leigh Anne s’arrête à sa hauteur et apprend que Michael se rend au gymnase de l’école car c’est le seul endroit chauffé de la ville. Prise d’affection pour ce jeune sans abri, Leigh Anne l’héberge chez elle.

C’est à partir de ce moment que la vie de cet enfant abandonné et celle de cette famille qui représente la rêve Américain vont changer.

La suite du récit raconte les difficultés de chacun à tolérer et accepter les différences de l’autre, à essayer de comprendre le passé de chacun tout en utilisant le sport  comme moyen pour extérioriser ses sentiments.

 

Ce biopic, à couper le souffle, ne vous laissera pas indifférent face aux nombreuses difficultés rencontrées par la famille et Michael qui, supporté par sa famille adoptive, vivra une carrière impressionnante de joueur de Football Américain. Sa détermination hors norme lui permis d’atteindre la NFL.

Critique de film : « Dirty Dancing » de Emile Ardolino 

Cela fait plus de 30 ans que le film romantique et musical qui a fait rêver les ados des années 90 est sorti. Du coup dimanche dernier j’ai décidé de le re-regarder voir s’il était toujours aussi intense !

Pour rappel, Dirty Dancing, c’est l’histoire de Frédérique, que tout le monde appelle « Bébé » (je n’arrive pas à dire ce qui est le mieux…) qui passe des vacances avec sa riche famille à la pension Kellerman. Très vite, Bébé est fascinée par les danseurs employés de la pension et tente de rentrer dans ce nouveau monde qui est si différent du sien.

Alors on s’en doute, Bébé (Jennifer Grey) qui est à la base super coincée dans ses mouvements va devenir en une semaine la déesse de la danse. En plus de ça, elle va se faire de vrais amis et évidemment va vivre une belle histoire d’amour avec le meilleur danseur de la pension, le plus beau, le plus musclé, le plus Bad boy, le Don Juan, Johny alias Patrick Swaze… Ce qui n’enchantera pas son père vu la différence de leur milieu social.

J’ai trouvé le film bien sûr hyper cul-cul (surtout que j’ai fait la pire erreur de le voir en VF). Les dialogues me faisaient rire tellement c’était attendu et mièvre (Je me demandais parfois si ce n’était pas une parodie). Mais bon en même temps c’est un film d’adolescentes et le dimanche soir quand il fait – 98 degrés et que tu ne veux vraiment pas trop réfléchir c’est toujours cool et ça fait toujours du bien de revoir un bon vieux film romantique et culte !

De plus, les acteurs principaux sont beaux et charismatiques (Bébé devient une vrai bombe à la fin du film) et les danses restent incroyables et hyper sexy…mais pas trop… (ça change du twerk de nos jours…) Aussi, leur style vestimentaire revient à la mode #Tailles hautes.

Les musiques restent toujours aussi belles et entrainantes. A quand un porté sur « I’ve had the time of my life » en petite casa???

Ensuite, Dirty Dancing ce n’est pas qu’un film d’amour et de danse. C’est aussi un des premiers films à aborder sans tabou le premier rapport sexuel et la grossesse non désirée. Il aborde également les problèmes de classe de l’époque ainsi que les inégalités sociales.

Bref c’est toujours agréable et drôle de revoir des vieux films même s’ils nous sont plus trop adaptés. Ça m’a même donné envie de revoir « Grease », « Flashdance » et « La boum »… RIP le blocus

Rooosee Mailleeuuuuux yééééhéééiiaaaaaaaahhh … (aka la castafiore)

Venom

Venom est un film à la gestation compliquée, qui a souffert dès le départ de problèmes qui ne pouvaient qu’aboutir à un résultat insatisfaisant, tant pour les puristes que pour les néophytes.
Pour comprendre les griefs que j’ai avec ce film, il va me falloir revenir dans le temps pour expliquer la situation problématique dans laquelle ce film est né :

Historique :
Dans le monde du cinéma, la bataille pour les droits des super-héros est un feuilleton sans fin. Vers la fin des années 90, Marvel, une société responsable de la publication de Comics depuis les années 30, était au bord de la faillite. Pour pallier à cette crise, ils ont décidé de vendre les droits de Spider-Man à Sony, qui ont produit deux sagas Spider-Man, la première, excellente, au début des années 2000 et une autre, moins appréciée, commencée en 2012 mais jamais terminée, dû à un manque de public.
Marvel ayant décidé entre-temps de faire leurs propres films à partir de 2008 en créant leur filiale de cinéma, Marvel Studios, ils décident de rassembler tous leurs super-héros dans un univers étendu appelé le MCU. Seule pièce manquante : Spider-Man. En 2016 cependant, Marvel Studios arrive à ramener l’homme araignée en composant un deal avec Sony : les recettes de chaque film exclusivement Spider-Man reviendront à Sony, en échange d’une somme forfaitaire revenant à Marvel Studios. Sony, ayant donc prêté Spider-Man à ses propriétaires originaux, se voit dans l’impossibilité de l’utiliser dans ses propres films.

Critique :

C’est ici qu’arrive notre film. Venom est un des méchants les plus icôniques de Spider-Man. Dès son origine, il en est même indissociable. Cependant, Sony désire créer son propre univers cinématographique autour des méchants de Spider-Man … Mais sans Spider-Man.
Amputé de son ennemi légendaire, Venom doit donc faire face à deux défis sérieux : prouver qu’il peut exister sans Spider-Man et commencer un univers cinématographique potentiellement énorme !
Seul hic : il n’arrive ni à l’un, ni à l’autre.

Au niveau des personnages, on est dans un terrain plutôt inégal. Nous avons notamment un héros au bon cœur à qui il est arrivé de mauvaises choses, une intrigue amoureuse stéréotypée bien que convaincante et un méchant manichéen qui veut gouverner le monde « pour le bien commun ». Cependant, il faut bien admettre que la relation entre Venom et Eddie Brock marche à merveille. Tom Hardy, interprétant ici à la fois Eddie et Venom, arrive à créer une alchimie entre les deux personnages liés (littéralement) par la force des choses et est l’origine de scènes mêlant comique de situation et enjeux bien ficelés.
Tom Hardy n’a plus rien n’à prouver, son répertoire d’interprétation est tellement énorme que jouer ce genre de personnage s’apparente à une balade de santé pour lui. On peut néanmoins saluer le fait de devoir jouer avec un personnage qui n’est pas physiquement là, interprété par lui-même, exercice auquel il a déjà pu s’adonner dans le film « Legend » sorti en 2015.

Au niveau du scénario, les clichés sont aussi tous présents. Peu de surprises sont à l’ordre du jour, quelques incohérences sont à déplorer et les rares moments où l’on pourrait être étonné ont déjà été montrés via la bande-annonce.
Car oui, ce film est tombé dans l’abyssal écueil du « Tout est dans la bande-annonce ». Si vous comptiez regarder ce film sans perdre l’effet de surprise, fuyez celle-ci comme la peste. Elle se permet même de dévoiler les dernières secondes du long-métrage…

Est-ce que je vous conseillerais de voir ce film ? Cela dépendra de ce que vous recherchez dans ce film.
Si vous cherchez un divertissement « pop-corn » sans trop vous prendre la tête, vous avez frappé à la bonne porte. Certaines idées de mise en scène restent très chouettes et Tom Hardy a fourni un travail exemplaire pour rendre ses personnages convaincants et pour lesquels on développe véritablement de l’empathie.
A côté de cela, il possède tous les défauts que j’ai cités précédemment, et comme démarrage d’un véritable univers cinématographique, on aura vu bien mieux. On ressent le vide créé par l’absence de Spider-Man, qui constituait la pierre angulaire du caractère d’Eddie dans les comics et dans les précédents films.

C’est donc sur une note très moyenne que je vois ce film, ni bon  ni mauvais, il souffre de syndrome du « film banal » qui ne m’a donné que l’envie, en sortant de la salle, de le gratifier d’un « Mouais… »

Le concert Live Aid dans le Wembley Stadium en 1985 est certainement considéré comme le plus grand live show de l’histoire du rock depuis l’apparition de ce genre avec Elvis Presley en 1953. Avec un line-up de titan avec notamment Bob Dylan, Led Zeppelin, Eric Clapton, David Bowie, Dire Straits, Phil Collins ou encore Paul McCartney, vient se rajouter un autre groupe mythique qui survolait au-dessus de tous les autres depuis une décennie: Queen.

Le film Bohemian Rhapsody, réalisé par Bryan Singer, est un réel voyage dans le passé. Il nous fait revivre les aventures de ce groupe depuis sa création en 1970 jusqu’au Live Aid. Avec bien évidemment au centre du film Farrokh Bulsara, mieux connu sous le nom de scène Freddie Mercury. Rami Malek a réalisé un travail énorme pour essayer de rentrer dans la peau d’un des chanteurs les plus iconiques du monde du Rock’n’roll, et avec succès. En effet, Rami a su mimer de manière exceptionnelle les faits et gestes de Freddie Mercury dans la vie de tous les jours et sur scène.

N’oublions pas également les autres membres du groupe légendaire John Deacon, Roger Taylor et bien évidemment Brian May interprété par son réel sosie Gwilym Lee (vous verrez, la ressemblance est surprenante).

Durant tout le film, nous avons la chance de voir comment Queen a créé leurs plus gros tubes et de les écouter avec une qualité de son presque comparable aux projections du Kot Cineforum. Certains d’entre vous ressentiront peut-être comme moi, des frissons à la première note de chaque chanson.

Bryan Singer nous transporte sur une montagne russe d’émotions entre joie, gloire, conflit, peine et réconciliation car en effet, comme tous les autres groupes de légende, leur histoire n’a pas toujours été un conte de fée.
En plus des histoires de Queen et de leurs musiques, le film nous fait vivre également la période

« sombre » de Freddie Mercury qui était seul et perdu dans sa vision de sa sexualité.


Pour finir en beauté, Bohemian Rhapsody propose une réadaptation quasi intégrale de ce fameux Live Aid. Les images, le son, le spectacle et Queen étaient travaillés et retravaillés pour se synchroniser de la manière la plus parfaite au concert original. Chaque faits et gestes des 4 membres du groupe ont été interprétés de la même façon que la réalité.
Pour certains spectateurs ou certains puristes, la réadaptation n’arrivera jamais à la hauteur du vrai show. C’est un avis que je partage mais il faut avouer que l’effort effectué par toute l’équipe est incroyablement surprenant et que cela pourrait faire ressortir les sensations de nostalgie pour pas mal de spectateurs.

Donc si vous êtes un fan de Queen ou si vous aimez taper dans les mains pour suivre le rythme de « We will rock you » ou si vous aimez simplement voir des petits chats mignons, foncez ! N’attendez surtout pas pour le voir sur votre tv ou ordinateur car vous ne profiterez pas de toute la splendeur de la musique de Queen sous 360°.

(Petite anecdote : « These are the days of our lives » est le dernier clip dans lequel apparaît Freddie Mercury)

Zian, aka le cinéphile

Cold War

Dans le cinéma actuel, la musique a pris une place importante, voir incontournable. Il n’y a qu’à regarder la programmation au cinéma ce mois-ci : Bohemian Rhapsody, A star is born, Bad times at the el Royale, Mamma Mia 2, et bien d’autres. Au milieu de tous ces films qui utilisent la musique comme vecteur, si pas principal au moins important, vient se glisser Cold War. Un film Polonais, réalisé par Pawel Pawlikowski un réalisateur de renom en Pologne et en Angleterre puisqu’il a réalisé pour la BBC, mais bien trop méconnu de nos contrées.

Le film raconte l’histoire de Wiktor et Zula (Zuzanna) joué respectivement par Tomasz Kot et Joanna Kulig. L’histoire commence en 1948 près de Varsovie, lui est à la recherche de musiciens, chanteurs, danseurs pour créer une troupe autour de la musique traditionnelle/folklorique Polonaise et elle est une jeune femme sortant de prison et voulant intégrer la troupe en tant que chanteuse. Les deux vont très vite tomber amoureux. Ils pourront vivre cet amour au sein de leur troupe jusqu’à ce que les instances politiques polonaise (sous joug communiste) demandent de politiser le message de la troupe qui était alors une simple représentation de la musique populaire polonaise. Wiktor décide sous cette demande de quitter la troupe étant en désaccord avec le nouveau message véhiculé, malheureusement Zula ne le suit pas. Il va s’installer à Paris, les âmes sœurs, un temps séparé, vont rester en contact et ainsi entretenir leur amour avec les hauts et les bas que celui-ci peut comporter.

Alors maintenant parlons de ce qui rend ce film différent de ce que nous sommes habitués à voir. Premièrement, le film est intégralement en noir et blanc et en format quasiment carré, format 1.33 pour les connaisseurs. Ce qui donne des images sublimes et assez inhabituelles. Le réalisateur dit lui-même que c’est la manière la plus efficace de reproduire la Pologne de ces années-là, détruite, grise, boueuse mais belle. De plus, nous sommes habitués aux films « occidentaux » ce qui n’est pas une mauvaise chose, mais ces films comprennent des lignes directrices qui sont absentes de cold war. Le rythme par exemple est différent, déjà le film ne dure que 1h27 ce qui n’est pas long pour un long métrage actuel, c’est parce qu’il laisse de côté beaucoup de scène d’exposition. Chaque scène à un sens et fait avancer l’histoire ou en tout cas dit quelque chose sur l’histoire, chaque mot compte, il n’y a pas de remplissage. Par ailleurs, le traitement des émotions et les réactions des personnages sont assez imprévisibles lorsqu’on est habitué à notre cinéma ce qui rend le tout assez perturbant. Un sourire là ou un film américain aurait mis une larme, une gifle là où on aurait dû avoir une excuse, toutes ces différences font de cold war une superbe expérience à condition de se laisser aller et de ne pas rester buté sur nos codes traditionnels.

Enfin, comment ne pas parler de la musique. Une bande son incroyable surmontée d’un thème envoutant repris plusieurs fois dans le film et à chaque fois adapté à l’époque, au lieu ou à l’état d’esprit des personnages. Tantôt mélancolique, tantôt jazzy, tantôt folklorique. Le reste de la musique est tout aussi jouissif, une bande son de talent au service d’un film qui n’en manque pas. Car comment parler du film sans parler de ses acteurs. Tout d’abord Wiktor, joué par Thomasz Kot, il est excellent dans son rôle d’amoureux prêt à tout pour retrouver sa moitié et nous fait rentrer dans le film avec une aisance bluffante. Ensuite vient Zula jouée par Joanna Kulig et que dire, elle est belle et sa beauté crève l’écran un rôle de femme fatale qui lui colle à la peau. Une vraie caractérielle qui en fait baver à Thomasz mais qui rend cet amour unique.

Bref avant que mon manque d’objectivité ne se remarque il me reste juste le temps de vous conseiller « Cold War » un film différent qui ne manquera pas d’éveiller votre curiosité !

Kusjes du Cinéforum.

Antonin.

« Girl » par Lukas Dhont

Consacré à Cannes par le prix de la caméra d’or dans la section Un certain regard, candidat dans la course aux Oscars pour le meilleur film étranger, Girl est la nouvelle bombe du cinéma belge ! Lukas Dhont retenez ce nom… Le jeune réalisateur et scénariste flamand de 28 ans signe son premier long métrage avec Girl, sans nul doute l’annonce d’une carrière brillante pour le nouvel ambassadeur d’un cinéma belge plus que jamais explosif.

Dhont réalise une œuvre bouleversante à travers le quotidien de Lara, jeune danseuse de 15 ans,  née dans un corps de garçon. La sensibilité et l’originalité du script viennent du point de vue adopté pour aborder la transsexualité, à savoir non pas l’acceptation du monde extérieur de son statut, mais le quotidien de la jeune fille avec ses souffrances, désillusions et espérances.

Soutenue sans réserve par son père, Lara va devoir mener de front ses propres combats. D’une part, le parcours biologique en vue de la transformation de son corps et, d’autre part, la formation douloureuse de danseuse professionnelle passant par l’apprentissage des pointes.

On se trouve avant tout transportés et bouleversés par la performance de Victor Polster, jeune danseur bruxellois de 16 ans, bluffant de sensibilité et de force. Celui-ci interprète magnifiquement Lara et sa présence illumine le film. Ses silences, attitudes, gestes et regards sont plus révélateurs et percutants que n’importe quel dialogue.

Mais surtout, la souffrance de Lara nous frappe de plein fouet tout au long du film. L’alliage de la souffrance morale de vivre dans un corps que l’on hait à la souffrance physique de la danse nous étouffe en même temps que Lara. On ressort bouleversé de toute cette souffrance, filmée avec une sensibilité et une intelligence rares.

En un mot, ce film belge bouleversant sur la transsexualité filmé en toute sensibilité et porté par un acteur percutant est à voir absolument !

Juliette

Critique du film « Le grand bain » de Gilles Lelouche

Sink ou swim dans « Le grand bain » (2018) de Gilles Lelouche; une comédie dramatique française sur la routine dépressive et les rêves désillusionnés d’un groupe d’hommes dans la quarantaine, qui retrouvent goût à leur vie en allant à la piscine. Plus précisément lors de leur participation au championnat du monde d’une discipline réputée d’être féminine: voici la natation synchronisée masculine!

Gilles Lelouche, généralement devant la caméra, fait entrer Guillaume Canet, Benoit Poelvoorde, Mathieu Amalric, et pleins d’autres dans une aventure épique et hilarante basée sur la solidarité entre potes qui forment une équipe, où ils se sentent plus utiles que dans leur vie hors des bassins.

Le film « Le grand bain » nous plonge dans une ambiance où la chaleur humaine, l’écoute et le dialogue dominent les relations entre Simon, Laurent, Thierry, Marcus, et les autres au sein des vestiaires d’une piscine. Malgré les coups durs, les break-down, les maladies mentales, ils s’écoutent sans porter aucun jugement, ce qui remplace la mélancolie du film en rires et consolations.

Mon avis est que ce film vaut la peine d’être vu car on nage dans la joie en sortant de la séance, tellement le scénario nous rappelle qu’il y a un échappatoire à tous les coups durs de la vie.
L’équipe des potes traverse la France et la Norvège, pour atteindre leur but qui semble « manquer de virilité » d’après leur entourage, mais leur détermination et leur lucidité de gagner, va rendre toute la France fière d’eux, enfin presque.

Ce film vise à minimaliser l’importance de l’avis de la société; temps que l’on se sent libre et compris, on est sur la bonne voie. Peu importe la personnalité des membres de l’équipe, ils n’ont pas essayé de
la changer pour impressionner le public lors de leur chorégraphie. Je trouve ce film touchant et hilarant qui relâche une vision du monde optimiste remplie d’humanité où l’on s’attache à chaque personnage d’une manière égale.

Bref, je vous conseille fortement d’aller voir ce film, car un super moment vous est garanti.

Joséphine

Paranoïa

Synopsis

Une jeune femme nommée, Sawyer sort d’une période de 2 ans pendant laquelle elle fut harcelée. Secouée psychologiquement, elle se rend dans un hôpital psychiatrique et s’y retrouve enfermée contre son gré. Alors même qu’elle tente de convaincre tout le monde qu’elle est en danger et que son ancien harceleur a retrouvé sa trace. Elle commence à se demander si sa peur est fondée ou si elle est le le fruit de son imagination …

Critique

Trois iPhones, c’est ce que compose principalement le matériel qui a servi à réaliser ce film.

Steven Soderbergh explique son choix d’avoir tourné « Paranoïa » avec trois iPhones 7 Plus par la grande liberté que lui donnait le Smartphone, tant au niveau de la mobilité des scènes que du rendu de proximité du spectateur avec l’actrice principale, Claire Foy.

Et le pari entreprit par le réalisateur américain est plutôt rempli dans l’ensemble du long métrage. Le spectateur vit le film comme s’il était dans la même pièce que l’héroïne, cela donne un sentiment franchement claustrophobique et rend l’atmosphère du film-en tout cas dans la première moitié de celui-ci- irrespirable. Le film a été tourné dans un véritable hôpital psychiatrique désaffecté.

La première partie du film est effectivement une réussite, on ressent presque personnellement l’angoisse qui envahit peu à peu l’héroïne enfermée dans cet asile contre son gré. Les plans sont saisissants et nous amènent à nous poser la question suivante : est-elle encore victime de son harceleur ou bien est-ce le fruit de sa folie ?

Si les 45 premières minutes nous tiennent en haleine, on ne peut pas en dire autant de la suite, sans spoiler les futurs lecteurs, le thriller tombe à plat, notamment au niveau du scénario et suit les traits d’un thriller style serial-killer, tout ce qu’il y a de plus banal et de prévisible. Le spectateur ressort de la salle avec un sentiment mitigé. Impressionné par le cadrage technique, l’originalité des prises de vue, mêlant caméra au poing et prises en caméra de surveillance, mais quelque peu déçu par la tournure que prend le scénario qui promettait tant.

Les acteurs sont efficaces dans l’ensemble, notamment Claire Foy qui remplit parfaitement son rôle de fille asociale perturbée psychologiquement. Alors qu’elle tente de faire croire à qui veut l’entendre dans l’hôpital qu’elle est saine d’esprit, elle ne tarde pas à exploser devant le traitement que les membres du personnel lui infligent et leur indifférence quant à ses plaintes. Elle est l’un des atouts principaux du film.

En conclusion, Paranoïa est un film à aller voir car il est assez intéressant voire novateur au niveau de sa réalisation technique et de l’ambiance vraiment paranoïaque qu’il installe. On peut seulement regretter le dénouement de l’histoire qui ne permet pas à « Paranoïa » de s’installer parmi les grands films du genre comme « Requiem for a dream » ou encore « Fight Club ».

Il reste cependant un bon thriller haletant et pour le moins novateur.

Hugo

Léon

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Cette œuvre dramatique/policière a été réalisé en 1994 par le célèbre Luc Besson, ce réalisateur français qui déchaîne les passions ; producteur talentueux et incompris pour les uns, gourou du cinéma capitaliste pour les autres. 

Mais là n’est pas la question, selon moi Besson nous a sorti une petite pépite du cinéma français qui, malgré beaucoup de ses films à mon goût très décevants, nous montre ce dont il est capable.

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Le film nous plonge dans la noirceur d’un vieux New-York où Léon, incarné par Jean Reno, un tueur à gage impassible et extrêmement efficace, mène une existence rythmée par ses missions qu’il prépare avec minutie et avec beaucoup de sang-froid. Cependant un évènement, où plutôt une jeune fille nommée Mathilda, va venir perturber son traintrain quotidien de tueur en série. La jeune Mathilda, interprétée par Nathalie Portman, après que l’entièreté de sa famille ce soit fait décimée pour un règlement de compte, va trouver refuge chez ce bon Léon. Celui-ci, contre toute attente va la prendre sous son aile, lui, qui avait l’habitude de ne s’occuper que de lui et d’une malheureuse plante verte. Au cours du film une complicité de plus en plus solide et complexe va se créer entre eux et Léon, normalement avare en émotions, montrera des signes d’affections. Mathilda qui, quant à elle, fait preuve d’une maturité déconcertante pour son âge ainsi que d’une douce insouciance va gagner en expérience et en confiance en elle.

Gary Oldman, glaçant, incarne le chef des agents corrompus de la DEA et livre également une prestation à la hauteur.

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Les enchainements sont percutants la mise en scène est soignée d’une manière qui renforce les scènes d’actions du film en leur donnant les airs de comics. 

La musique d’Eric Serra, qui nous parait venir d’orient, vient à merveille compléter ce tableau.

C’est un film qui m’a beaucoup touché par ses scènes d’actions rythmées et sa sensibilité. 

Bref, je recommande chaudement.

Robin

A star is born

Ce film de Bradley Cooper sorti ce 3 octobre dans les salles retrace l’histoire de Jackson Maine (Bradley Cooper), une star de country sur la descente, qui découvre Ally (Lady Gaga). Serveuse la journée, elle chante dans un bar de Drag queens la nuit. Tandis qu’ils tombent follement amoureux l’un de l’autre, Jack aide Ally à passer sur le devant de la scène. Au fil de l’histoire elle devient adulée par le public alors que lui sombre un peu plus dans l’alcoolisme et dans l’oubli.

Cette histoire a déjà eu plusieurs versions : une en 1937 avec Janet Gaynor et Fredric March, une autre en 1954 mettant en vedette Judy Garland et James Mason et enfin une dernière avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson en 1976.

Ce pitch n’a rien d’extraordinaire mais ça n’a pas d’importance : le film fonctionne. Le couple Bradley Cooper et Lady Gaga crève l’écran montrant une belle alchimie. Tout deux faisant preuve d’un talent qu’on ne leur connaissait pas. Lui joue, chante, réalise, produit et scénarise tandis qu’elle joue et chante.


Le film en profite pour critiquer le côté star system de l’industrie musicale, ce qui est plutôt amusant … Il est également fait référence au physique de Lady Gaga, loin du côté lisse et parfait caractéristique de ce monde.

Pour le reste, les images du film sont magiques ; une réelle intimité est créée avec les personnages, la musique est juste dingue, notamment le titre phare “Shallow” qu’ils chantent en duo.

Ce film, plein d’émotions, nous fait aussi bien nous sentir heureux que nous faire pleurer. A voir absolument !

3eme film du très réputé Frank Darabont, réalisateur du célèbre film : « La ligne verte » et de la série à succès « The Walking Dead », Les évadés est un pilier dans son genre. Ce film de 1994, est un drame américain basé sur le roman : Rita Hayworth and Shawshank Redemption du très talentueux Stephen King.

A propos du casting, Tim Robbins, acteur, scénariste et réalisateur américain. Qui interprète le rôle d’Andy Dufresne d’un côté. Et de l’autre, l’incontournable Morgan Freeman interprétant Red.

Tout commence avec Andy Dufresne, un banquier américain condamné à la prison à vie. Il est accusé du meurtre de sa femme et de l’amant avec qui elle le trompait. Il se retrouve derrière les barreaux dans la prison de Shawshank. Vient s’ajouter différents acteurs importants : un directeur de prison très pieux et respectueux mais également mystérieux et terrifiant. Ensuite, un gardien de prison extrêmement brutal et agressif, qui n’hésite pas à recourir à une violence extrême afin d’établir l’ordre et semer la peur au sein de l’établissement (allant même jusqu’à la mort de certains détenus).

Andy est très réservé et peu communicatif, il n’exprime pas beaucoup de sentiments et parle avec une extrême monotonie. Cependant, il se lie d’amitié avec un autre prisonnier surnommé Red. Red est en quelque sorte le parrain de la prison, si quelqu’un a besoin de quelque chose il suffit de lui demander, c’est un maitre de la contrebande. Andy grâce à ses connaissances en fiscalité, arrive à « survivre » et même à lui procurer des avantages pour lui ainsi qu’à d’autres prisonniers. C’est ce qui va influencer l’amitié grandissante entre les 2 hommes.

Une des principales raisons du grand succès de ce film est due aux interprétations plus que géniales des 2 acteurs. Leurs attitudes et tempéraments se complètent pour former un ensemble absolument exquis.

C’est un film poignant et émouvant, que je recommande à tout le monde et à tout âge (+16 ans). Beaucoup le considèrent comme un film culte, ayant marqué le cinéma de la fin du 20ème siècle.

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